Pour Eric De Keuleneer, l'Etat belge pourrait perdre des milliards dans Dexia

Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani
Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani - © BELGA PHOTO ERIC LALMAND

L'assemblée générale du groupe Dexia a lieu à 14h30. Les Régions et l'Etat fédéral détiennent un peu plus de 5% du capital de Dexia. La Belgique a en outre offert des garanties. Faudra-t-il recapitaliser le Holding ? Pour mieux comprendre les enjeux, Eric De Keuleneer, professeur à la Solvay Brussels School (ULB), a répondu à vos questions.

Le Holding Dexia, c'est ce qui reste après le démantèlement du groupe Dexia. L'Etat belge et les Régions en détiennent 5%. Ils auront donc leur mot à dire cet après-midi : approuveront-ils la décharge des administrateurs, dont Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene ? Pour rappel, le management avait été pointé par la commission parlementaire dédiée au démantèlement du groupe.

Par ailleurs, des propos du gouverneur de la Banque nationale avaient fait sensation il y a quelques jours: il estimait qu'il faudrait probablement recapitaliser encore une fois Dexia.

C'est également l'avis d'Eric De Keuleneer, économiste, qui a répondu aux internautes dans un chat à relire ci-dessous. Pour rappel, lors du second naufrage du groupe en 2011, une garantie de 90 milliards d'euros a été offerte, en plus des 150 milliards du premier sauvetage, par la Belgique (60,5%), la France et le Luxembourg, la Belgique ayant en outre racheté Dexia Banque Belgique (DBB) pour 4 milliards d'euros, renommée depuis Belfius.

"On doit craindre que ces garanties soient actionnées, ou que pour éviter de les actionner, l'Etat belge soit obligé d'ajouter des montants considérables au capital de Dexia. Des montants de 5 à 10 milliards ont été mentionnés, et il n'est pas sûr que cela suffirait". Il précise: "Il faut craindre que les montants déjà mis dans Dexia plus ceux que l'Etat belge devra encore y mettre soient perdus. Il peut s'agir d'un grand nombre de milliards, à étaler sur plusieurs années probablement".

Pour le professeur, les nominations politiques posent problème : "La plupart des nominations au CA de Dexia étaient politiques, et on sait que le politique a beaucoup de difficultés à se sanctionner lui-même. Même l'administrateur délégué a été nommé à l'initiative de l'Elysée, ce qui rend son évaluation objective apparemment difficile".

Justement, le parachute doré de Pierre Mariani, l'administrateur délégué de Dexia, a fait polémique il y a quelques jours. Pour Eric De Keuleneer, "il serait tout à fait justifié de faire l'évaluation de la qualité de la gestion de M. Mariani, et à l'issue de cela, de décider s'il y a lieu de ne pas appliquer son contrat. Le débat actuel me semble omettre cette étape importante".

Relisez l'entièreté du chat ci-dessous.

J.C.

 

 

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