Pour Didier Reynders, Israël a fait un "usage disproportionné de la force contre des civils"

"Les violences que l'on a vécues à Gaza sont inacceptables. D'une part, le Hamas était totalement inconscient en lançant autant de milliers de personnes vers la frontière quand on voit ce qui s'est passé au cours des dernières semaines et la tension qui était présente sur le terrain, mais c'est un usage disproportionné de la force qui a été utilisé à l'égard de civils" a affirmé mardi matin le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR).

Interrogé par la "Première" (RTBF), M. Reynders a plaidé pour l'ouverture d'une enquête au niveau des Nations-Unies pour examiner ce qui s'est passé sur le terrain. "J’aurai d’ailleurs l’occasion de voir tout à l’heure le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui est à Bruxelles" indique-t-il.

Le ministre des Affaires Etrangères a répété que la Belgique était opposée à un transfert d'ambassade vers Jérusalem. A ses yeux, il s'agit d'un acte unilatéral qui provoque des tensions, à l'image de ce qui s'est passé lundi.

M. Reynders en a appelé à un usage proportionné de la force et au dialogue, "mais on sent qu'on s'en éloigne", a-t-il ajouté.

Pour lui, il faut en revenir à une solution à deux Etats. "Mais on ne pourra pas aller vers un accord sans que les Etats-Unis ne soient autour de la table.... La position américaine devient de plus en plus unilatérale. Les Etats-Unis restent favorables à une solution à deux Etats, mais on s'en éloigne de plus en plus", a-t-il encore dit.

Didier Reynders plaide donc pour une position européenne... qui ne sera pas simple à obtenir, quand on voit que des ambassadeurs hier, notamment hongrois, roumains et autrichiens, ont été à l’inauguration à Jérusalem: "Il faut d’abord tenter d’avoir justement une voix européenne, et c’est pour ça qu’il faut aussi, au sein de l’Union européenne, chercher une position commune. Ce n’est pas évident. On le sait, sur ce sujet on a une position commune qui a été répétée à plusieurs reprises sur la solution à deux États, mais pour pouvoir jouer un rôle d’acteur politique, il faut vraiment que l’Union s’exprime d’une seule voix."

La Belgique doit jouer selon lui un rôle de rassembleur au niveau de l'Europe, où il y a des tensions internes: "Il faut toujours regarder la position américaine, comme beaucoup d’autres positions, au départ de la situation interne. Il y a des élections aux États-Unis à la fin de cette année. Cela étant, on doit continuer à être en dialogue avec les États-Unis. Ça n’est pas facile, vous avez vu que des Européens ont tenté d’aller parler de l’accord nucléaire avec l’Iran, le président français, la chancelière allemande, et ça n’a pas changé la position américaine. Mais l’Union européenne doit aussi travailler à sa position commune".

 

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