Pour David Leisterh (MR) : "Il faut que Bruxelles cesse d’être constamment prise en otage ou menacée d’être mise sous tutelle"

Tandis que Bruxelles maintient le couvre-feu le plus strict du pays, que le ministre-président réunit les 19 bourgmestres de la Région bruxelloise ce mercredi et que dans l’opposition, le MR monte au créneau, Thomas Gadisseux reçoit le Président des libéraux bruxellois, David Leisterh, au micro de "Matin Première".

Pour le chef de file du MR bruxellois, le couvre-feu en place est symptomatique de la mauvaise gestion du gouvernement actuel. "Vous savez à Bruxelles les choses deviennent de plus en plus compliquées. Les chiffres expliquent que les Bruxellois seraient moins bien vaccinés que les Flamands et les Wallons, en plus d’avoir un couvre-feu plus strict. On a tous cru que la liberté était un concept acquis. Or, lorsqu’il y a des restrictions, il faut être conscient que l’ombre de la liberté va s’abattre sur ces restrictions. Pourquoi les Bruxellois, une nouvelle fois sont-ils à la traîne ? Nous nous le demandons".

Une demande prétexte pour d’aucuns, qui risque d’ajouter de la cacophonie à la cacophonie. Une possibilité que David Leisterh réfute totalement. "On veut que l’on nous explique pourquoi à Bruxelles c’est différent que dans les autres Régions. Et de la part du ministre-président, nous avons jamais eu d’explication."

Fédéralisme d’excuses et de paravents

Un couvre-feu différent pour Bruxelles, symptomatique d’un fédéralisme complexe pour le MR. Fédéralisme "d’excuses et de paravents" pour le Président des libéraux bruxellois, qui impacte aussi les vaccinations. "À chaque problème on nous explique que ce n’est pas la faute de Bruxelles, pour les vaccinations c’est la faute aux Wallons, aux Flamands… Cela fait 3-4 semaines que l’on nous explique cela, or en parallèle on a 1/3 des doses qui sont toujours dans les frigos."

On a beaucoup trop de députés par rapport aux autres Régions

Bruxelles piégée, coincé dans la lasagne institutionnelle. Que faire ? Pour David Leisterh il est nécessaire de simplifier toute une série de structures. "Il faut que Bruxelles cesse d’être constamment prise en otage ou menacée d’être mise sous tutelle d’une autre Région. Bruxelles est devenue ces dernières années une machine de plus en plus lourde, de plus en plus grasse. On a beaucoup trop de députés par rapport aux autres Régions."

Sans compter la stratégie que Bruxelles aurait développée afin "que Wallons et Flamands ne se sentent plus accueillis à Bruxelles, pire, Bruxelles fait en sorte que les jeunes Bruxellois ne restent plus à Bruxelles", ajoute l’élu libéral.

Bruxelles indépendante ?

La solution ? "Transférer les matières personnalisables aux Régions pour avoir une cohérence dans les politiques menées par exemple dans le secteur de la Santé. Cela avec un gouvernement composé de ministres bruxellois et wallons." Une simplification qui propose un renforcement du lien francophone tout en insistant sur l’identité bruxelloise.

De là à parler d’indépendance il n’y a qu’un pas, que ne franchit pas David Leisterh : "On est dans une période où il faut arrêter de construire des frontières. On peut tenter de se développer, de devenir une Région à part entière sans se couper des voisins wallons et des voisins flamands."

L’éternelle question du (sous-) financement de Bruxelles

Autre élément récurrent lorsque l’on évoque Bruxelles, celui de son sous-financement. "Dire que Bruxelles est sous-financée, c’est un peu facile. Quand vous êtes patron d’un Région comme Bruxelles vous avez deux manières de la faire prospérer. Soit vous faites l’aumône. Soit vous mettez en place les mesures nécessaires pour que votre Région devienne prospère. Cela pour que les entreprises se développent et que la classe moyenne n’ait pas envie de se barrer. La Région bruxelloise a été tellement mal gérée depuis 15 ans, qu’aujourd’hui les entrepreneurs qui sont en train de mourir voient leurs voisins qui résident dans une Région mieux gérée, bénéficier d’aides beaucoup plus importantes. Aujourd’hui si vous êtes un restaurateur bruxellois, vous avez reçu 7000 euros. À quelques kilomètres, le même restaurateur aura reçu 50.000-60.000 euros." Un président des libéraux, très critique, qui se demande où est passé l’argent et invite l’opposition à "ouvrir tous les tiroirs le jour venu".

La jeunesse a Bruxelles a été trop longtemps mal considérée

Sur les ambitions post-crise Covid-19 du MR pour Bruxelles, David Leisterh souligne que celles-ci doivent tenir compte du fait que Bruxelles sera une Région de plus en plus jeune. "La jeunesse a Bruxelles a été trop longtemps mal considérée. Bruxelles doit être la capitale de la formation mais aussi de l’innovation." L’innovation, déjà au cœur du projet du gouvernement bruxellois actuel, mais de manière trop timide pour l’élu MR : "Ils ont développé, pour faire beau, dans le plan de relance, un plan de dix millions d’euros, ce sont des cacahuètes, et uniquement axées sur le secteur public."

 

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