Pour contrer la menace climatique, le MR avance un projet "éco-positif" plutôt qu'une loi Climat

Pour contrer la menace climatique, le MR avance un projet « éco-positif » fait de 40 mesures
Pour contrer la menace climatique, le MR avance un projet « éco-positif » fait de 40 mesures - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Devant la menace du réchauffement de la planète, le MR a présenté lundi son plan de bataille climatique, un « projet éco-positif » qui s’appuie sur une quarantaine de propositions qui, selon les réformateurs, conduiront la Belgique à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030.

S’opposant aux tenants d’une écologie qualifiée de punitive qui reviendrait à « matraquer le pouvoir d’achat » et augmenterait le risque de délocalisations d’entreprises, le projet éco-positif du MR préfère, lui, placer sa confiance dans l’innovation technologique.

« L’histoire de l’Humanité a montré que l’innovation, l’inventivité, la créativité et l’ingéniosité ont toujours été les meilleurs instruments pour relever les défis », a défendu Charles Michel, président du MR et Premier ministre en affaires courantes, lors d’une conférence de presse au siège du parti.

Plutôt que de consommer « moins », le credo réformateur est dès lors de consommer « mieux », de développer une « écologie responsable et cohérente » (basée notamment sur le principe de pollueur/payeur), qui s’appuie sur les mécanismes de marché, mais qui refuse la gratuité (des transports publics, par exemple) contraire à une logique de gestion responsable, aux yeux des bleus.

Autre idée-force de leur projet « éco-positif » : pour modifier les comportements polluants, il convient d’inciter plutôt que d’interdire, d’exonérer plutôt que de taxer.

Réduction des gaz à effet de serre

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Belgique, le plan de bataille du MR avance une quarantaine de propositions en tous sens, allant de la poursuite des efforts en matière de production d’énergie renouvelable, une révision de la fiscalité des entreprises, automobile et foncière en fonction des efforts réalisés en faveur du climat, à la création de petites centrales biomasse décentralisées.

Pour le secteur du transport, dont les émissions représentent 20% des gaz à effet de serre et qui ne cessent d’augmenter, les réformateurs rappellent leurs efforts pour concrétisation le RER ainsi que leur soutien au développement du métro à Bruxelles.

Ils entendent aussi promouvoir davantage le recours aux voitures électriques, à hydrogène ou au gaz, améliorer les connexions routières pour éviter les bouchons, et encourager le covoiturage ainsi que la marche à pieds dans les déplacements quotidiens.

Pour les réformateurs, la lutte contre le réchauffement devra aussi impérativement se faire au niveau européen, notamment via un « green new deal », mais également par l’assouplissement des normes budgétaires européennes pour tenir compte des investissements nationaux réalisés en faveur du climat.

Le projet libéral défend aussi l’imposition de taxes sur les produits importés en provenance des pays qui ne respectent pas l’accord de Paris sur le climat (dont les Etats-Unis de Donald Trump se sont retirés), ainsi que la fin de l’exonération fiscale dont jouit aujourd’hui le kérosène consommé par les compagnies aériennes.

Enfin, pour les bâtiments, le plan s’engage à isoler tous les bâtiments publics sur dix ans, à renforcer les normes de performance énergétique pour toutes les nouvelles constructions, et soutenir les prêts à taux zéro pour les rénovations énergétiques des bâtiments.

Étonnamment, le MR n’a pas chiffré le coût global des mesures qu’il avance, s’en remettant pour cela à l’évaluation des programmes des partis politiques que le Bureau du Plan a été chargé de réaliser dans le cadre de la campagne électorale.

Pas de loi Climat

Selon les réformateurs, la mise en œuvre de ce plan de bataille permettra « d’honorer dans les temps les ambitieux objectifs climatiques que nous nous sommes fixés ».

Interrogé sur ce point, ils reconnaissent toutefois que l’impact des mesures proposées en termes de réductions chiffrées des émissions polluantes à l’horizon 2030 n’a pas été évalué dans le détail.

« Les autres partis politiques ne l’ont pas fait non plus », se défend Marie-Christine Marghem, la ministre fédérale de l’Energie, interrogée par Belga.

Mais, selon elle, la mise en œuvre des objectifs européens en matière de production d’énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique permettra à elles seules de réduire déjà les émissions de CO2 de 45%.

« Les autres mesures que nous proposons visent donc à permettre de combler la différence avec l’objectif de 55%, ce qui est réalisable », juge Marie-Christine Marghem.

Enfin, interrogé par la presse sur sa disposition à permettre une modification de la Constitution pour ouvrir la voie à une éventuelle adoption de la loi Climat, le Premier ministre Charles Michel ne s’y est pas montré favorable, pointant le risque, selon lui, de faire de ce point une question communautaire.

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