Pour compenser la fermeture des centrales nucléaires, la Belgique doit d’urgence prévoir de nouvelles capacités de production d’électricité

Le gestionnaire de réseau Elia a fait le point sur les besoins de la Belgique en matière d’électricité pour la prochaine décennie. Nos capacités de production sont-elles adéquates ? Y a-t-il suffisamment de flexibilité dans la production et l’utilisation d’électricité ? Avec la fermeture annoncée des centrales nucléaires en 2025, Elia estime qu’il faudra prévoir des capacités de production supplémentaires de 3,6 GW pour combler le vide qui sera laissé par l’arrêt des réacteurs nucléaires. C’est ce qu’Elia a calculé qu’il faudrait pour garantir la sécurité d’approvisionnement de la Belgique au cours de la période 2022-2032. Elia adresse trois messages urgents aux autorités du pays.

Un besoin urgent de nouvelles capacités de production

Pour Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, le constat est clair : la Belgique n’est pas prête pour l’après nucléaire. L’étude d’Elia confirme le besoin urgent de nouvelles capacités nationales afin de pouvoir anticiper les besoins créés par la sortie programmée du nucléaire.

Sans de nouvelles capacités de production d’électricité, la Belgique risquerait d’être trop dépendante de l’énergie produite à l’étranger, alors que notre pays est déjà un gros importateur d’électricité.


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Il faut donc, selon Elia, permettre rapidement la création de nouvelles unités de production, par exemple des centrales au gaz. 3,6 GW, c’est la capacité de production supplémentaire qu’Elia estime nécessaire. C’est grosso modo l’équivalent d’un peu plus de la capacité de trois réacteurs nucléaires.

Il faut inciter et aider les investisseurs à construire de nouvelles centrales

Selon Elia, l’état actuel des marchés de l’électricité ne stimulera pas suffisamment les investissements nécessaires. Il ne faut pas rêver, les groupes capables d’investir dans des centrales au gaz ne le feront pas sans un certain niveau de rentabilité. Or, en l’état actuel des choses, ces investissements ne seront pas rentables. Si la Belgique veut obtenir l’installation sur son sol de nouvelles unités de production, il va falloir inciter les investisseurs à le faire en mettant en place ce qu’on appelle un CRM (Capacity Remuneration Mechanism), une sorte de revenu garanti, quel que soit le niveau de production des centrales.

A l’heure actuelle, le gouvernement fédéral a fixé le cadre pour les futurs investissements dans des centrales. Les candidats investisseurs devraient, en principe, participer à des enchères d’ici l’automne 2021.

Selon Elia, si des capacités supplémentaires sont mises en place en Belgique, cela pourrait avoir des répercussions sur le prix de gros de l’électricité qui pourrait baisser de 30%. Elia laisse entrevoir des économies de 100 à 300 millions sur les 10 prochaines années.

La Belgique doit aussi se préparer à la transition énergétique : prévoir des sources d’énergie renouvelable

Elia recommande aussi à la Belgique de penser à l’avenir. A l’horizon 2050, la Belgique devrait être un pays "décarboné", c’est-à-dire où toute l’énergie est issue du renouvelable.

Or, estime Elia, notre pays sera incapable d’atteindre cet objectif seul. Ce n’est pas avec "un petit bout de Mer du Nord", qu’on y parviendra, explique Elia. Pas assez de vent, pas assez de place pour des éoliennes, pas assez de soleil, il faudra se tourner vers d’autres pays et nouer des accords de partenariat. Elia cite en exemple un accord conclu avec les autorités danoises et suggère d’aller voir aussi vers les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne ou le Portugal qui auront trop de capacité de production en éolien ou en solaire et qui pourraient alimenter le réseau belge.

Vers plus de flexibilité sur le réseau

La réorganisation des moyens de production d’électricité, sur fond de fermeture des centrales nucléaires, ira de pair avec des besoins croissants en énergie électrique, notamment avec l’abandon des véhicules à thermiques au profit des véhicules électriques. Les pompes à chaleur sont aussi amenées à se développer.

Dans ce contexte, Elia estime qu’il faudra aller vers plus de flexibilité pour répartir les besoins en électricité de manière plus uniforme. Il s’agirait donc d’organiser la demande pour limiter les pics de consommation

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