Pour Bart De Wever, une 7ème réforme de l'Etat "n'est plus nécessaire"

Le président de la N-VA Bart De Wever a déclaré, à propos de la 6e réforme de l'Etat, que "les francophones finissent à la longue avec un accord qui vous met à genoux"
Le président de la N-VA Bart De Wever a déclaré, à propos de la 6e réforme de l'Etat, que "les francophones finissent à la longue avec un accord qui vous met à genoux" - © KRISTOF VAN ACCOM

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a redit mercredi tout le mal qu'il pensait de la 6e réforme de l’État que viennent de boucler huit partis - les six membres de la coalition gouvernementale et les Verts francophones et néerlandophones -, tout en rejetant l'idée d'une septième révision de la Constitution. La N-VA propose aussi de supprimer progressivement les dotations d'Astrid et de Laurent.

Une septième réforme de l'Etat n'est plus nécessaire, a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT-radio.

"Après les élections (générales de mai 2014), nous voulons prendre nos responsabilités à tous les niveaux. Mais pas pour conclure une nouvelle réforme de l'Etat", a-t-il dit.

Bart De Wever a ajouté qu'il en "avait marre" des longues négociations sur les réformes constitutionnelles.

"Et finalement, on en sort 'tondu' parce que les francophones en ressortent à l'aise. Ils ne sont demandeurs de rien et finissent à la longue avec un accord qui vous met à genoux. Cela n'est plus nécessaire pour moi", a poursuivi le président des nationalistes flamands.

Il a suggéré de plutôt négocier sur l'article 35 de la Constitution "afin de déterminer ce que nous faisons encore ensemble" entre francophones et néerlandophones.

"Construisons quelque chose qui peut-être fonctionne au lieu de gaspiller sans fin du temps, de l'énergie et de l'argent pour réformer le bric-à-brac de l'Etat. En ce qui nous concerne, nous ne le ferons plus", a insisté le président de la N-VA.

Il a rappelé ses critiques envers la sixième réforme de l'Etat, négociée sans son parti.

"C'est de facto une grosse opération d'assainissement renvoyée à la Flandre. Le gouvernement fédéral ne réussit pas à réaliser des économies (...). Les dépenses publiques ne font qu'augmenter parce qu'il faut boucher le trou avec des hausses massives d'impôts."

"Ce que la Flandre devra faire au cours des prochaines années avec les nouvelles compétences (qui lui ont été octroyées), c'est surtout économiser et assainir. Nous héritons des soins aux personnes âgées, une compétence qui va seulement nous coûter car il y a beaucoup de seniors en Flandre, mais ils nous donnent moins d'argent."

Supprimer progressivement les dotations d'Astrid et de Laurent

La N-VA esère donc faire entendre sa différence, au lendemain de l'accord conclu sur la 6ème réforme de l'Etat. Le député nationaliste Theo Francken a suggéré, pour sa part, mercredi, de réduire chaque année de 20% les dotations de la princesse Astrid et du prince Laurent, de manière à les supprimer dans un délai de cinq ans.

Cette idée fait partie d'un "paquet" de plusieurs dizaines de mesures que le parti nationaliste flamand propose afin d'adapter la monarchie belge au 21ème siècle, a expliqué M. Francken au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

La proposition stipule que seul le chef de l'Etat, son conjoint survivant et l'héritier(e) du trône bénéficie d'une dotation du même montant que le salaire brut du Premier ministre ou d'un ministre pour le prince ou la princesse héritier(e).

"Je suis en partie un homme satisfait", a concédé le député N-VA en faisant allusion aux récentes décisions prises au niveau fédéral sur la révision des dotations de la famille royale. "Nous devons en toute honnêteté admettre qu'un certain nombre de choses ont évolué dans le bon sens", mais sous la pression de la N-VA, a-t-il ajouté.

Il a toutefois souligné que d'autres changements devaient intervenir aux yeux des nationalistes flamands, qui souhaitent "plus de transparence dans les finances" et confiner le souverain à un rôle protocolaire au souverain.

Les proposition de la N-VA portent à la fois sur des modifications du règlement de la Chambre, mais aussi de la Constitution - alors que les articles en question ne sont actuellement pas soumis à révisio.

Theo Francken suggère dès lors la mise sur pied d'un groupe de travail parlementaire qui pourrait faire des propositions pour la prochaine législature.

La N-VA s'oppose à des audiences hebdomadaires du ministre-président

La N-VA n'est pas favorables à des audiences hebdomadaires du ministre-président flamand par le nouveau Roi, une idée émise par l'actuel chef du gouvernement flamand Kris Peeters. "Nous avons été très étonnés par cette proposition", a dit le chef du groupe N-VA au parlement régional, Matthias Diependaele.

Kris Peeters a suggéré le week-end dernier que le Roi Philippe reçoive régulièrement le chef de l'exécutif flamand, de manière à le tenir informé des développements politiques en Flandre. La proposition a été critiquée mercredi au parlement régional, non seulement par l'opposition, mais aussi par la N-VA.

"Il ne doit y avoir aucun lien institutionnel entre les régions et le Roi ou la monarchie. Ce lien n'existe pas aujourd'hui. Le Roi ne joue aucun rôle, et c'est heureux, dans la formation du gouvernement flamand, dans la promulgation des décrets ou dans le désignation des ministres. Cela ne doit pas changer", a affirmé M. Diependaele.

M. Peeters a rejeté les critiques. "Je n'ai jamais plaidé pour un nouveau lien institutionnel avec la monarchie. Ceux qui l'affirment n'ont rien compris", a-t-il dit. Il s'agit surtout d'attirer l'attention du Roi sur l'importance des Régions, a-t-il précisé.

D'après Belga

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