Pour B. Lutgen, Ch. Michel doit condamner les propos de J. Jambon

Pour Benoït Lutgen, Charles Michel doit condamner les propos de Jan Jambon
Pour Benoït Lutgen, Charles Michel doit condamner les propos de Jan Jambon - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le président du cdH, Benoît Lutgen, a appelé lundi le Premier ministre, Charles Michel, à condamner les propos du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), au sujet de la collaboration pendant la IIe Guerre mondiale. Benoît Lutgen demandera la confiance des militants pour un nouveau mandat à la présidence.

Le ministre nationaliste flamand Jan Jambon est revenu dans un entretien accordé à la presse écrite sur sa participation à une réunion de nostalgiques du Front de l'est il y a plus de dix ans. Il parle de "fait divers" et qualifie la collaboration avec l'occupant allemand d'"erreur" mais juge toutefois qu'il faut prendre les choses avec du recul. "C'est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là", a-t-il ajouté.

Selon Benoît Lutgen, de tels propos sont inacceptables de la part d'un ministre fédéral. "Je demande solennellement au Premier ministre qu'il condamne ces propos. Il ne peut être question de fait divers et il n'y pas eu de bonne raison de collaborer avec les Allemands pendant la guerre. Je mets le Premier ministre face à ses responsabilités. On ne peut accepter qu'un ministre, vice-premier ministre de surcroît, tienne de tels propos", a-t-il déclaré.

Alternative crédible

Au bureau du cdH, les critiques ont fusé contre le nouveau gouvernement. "La situation politique actuelle, dont celle particulièrement préoccupante au fédéral, demande une mobilisation de toutes nos forces et toutes nos énergies pour proposer et consolider un projet fédérateur et une alternative crédible", a-t-il indiqué par voie de communiqué, avant le bureau de parti.

Élu à la tête du cdH fin 2009 conjointement avec Joëlle Milquet, Benoît Lutgen a véritablement pris la direction du parti des mains de cette dernière en septembre 2011. Dans un communiqué distinct, il annonce par ailleurs que Catherine Fonck redevient cheffe du groupe à la Chambre, après un bref passage par le gouvernements d'affaires courantes.

Lors du bureau, les centriste se sont montrés très critiques envers le gouvernement Michel. "Lorsqu'on participe à un gouvernement, l'ambition doit être d'apporter un projet qui fédère, a fortiori dans ces circonstances de crise. Aujourd'hui rien ne montre cet aspect positif d'un gouvernement qui a envie de mobiliser la population. Il lui manquera un élément essentiel, la confiance", a expliqué Benoît Lutgen.

Péché originel

S'il trouve certains points positifs dans l'accord, le parti y voit des manques évidents, à commencer par celui d'une réforme fiscale qui permettrait de soulager les travailleurs. Quant aux efforts annoncés en faveur des entreprises, ils doivent être relativisés: à l'arrivée, il ne reste pas un milliard d'euros, selon ses calculs.

Parmi les mesures qui pénaliseront les entreprises, le cdH dénonce l'extension à deux mois de la couverture maladie.

"Ce sera un combat important pour le cdH. L'impact est très fort pour les PME puisqu'elles ne peuvent diluer ce coût sur une masse comme les grandes entreprises. Beaucoup de chefs d'entreprises sont sidérés devant une telle mesure. Cela aura un impact aussi pour les personnes qui cherchent du travail et qui souffrent d'un problème de santé. Au total, cela touchera davantage la Wallonie et Bruxelles qui comptent davantage de PME", a affirmé Benoït Lutgen.

Les centristes dénoncent aussi le déséquilibre communautaire de ce gouvernement qui comptera sept ministres francophones, dont le Premier ministre, et quatre secrétaires d’État flamands et sept ministres néerlandophones, et ne disposera pas de majorité francophone. "C'est le péché originel et on ne l'effacera pas de sitôt", a averti Francis Delperée.

D'après Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK