Pour améliorer les cours de français, la Flandre signe un accord de coopération avec la France

D'après une étude relayée par le cabinet de la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V), un professeur de français sur trois qui enseigne au niveau fondamental flamand estime ne pas maitriser suffisamment la langue française.
D'après une étude relayée par le cabinet de la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V), un professeur de français sur trois qui enseigne au niveau fondamental flamand estime ne pas maitriser suffisamment la langue française. - © JASPER JACOBS - BELGA

La ministre flamande de l'Enseignement et l'Ambassadeur de France auprès du Royaume de Belgique ont signé ce lundi 29 mai un accord de collaboration pour améliorer la qualité des cours de français en Flandre.

D'après une étude relayée par le cabinet de la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V), un professeur de français sur trois qui enseigne au niveau fondamental flamand estime ne pas maîtriser suffisamment la langue française.

L'accord signé avec la France vise à remédier à cette situation. Le texte ouvre la voie à une collaboration de trois ans entre des écoles néerlandophones et les deux lycées Français implantés en Belgique. Il prévoit des échanges de professeurs et d'élèves ainsi que du prêt de matériel pédagogique.

Mais pourquoi la Flandre a-t-elle décidé de faire appel à la France plutôt qu'aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Nous avons posé la question au cabinet de la ministre flamande de l'Enseignement.

Et la réponse qui nous est parvenue par mail est plutôt évasive. La porte-parole de la ministre flamande évoque le fait que cet échange avec les écoles françaises permet d'informer les écoles flamandes au sujet des programmes de mobilité qui existent au niveau européen, notamment avec la France. Le cabinet de la ministre ajoute que cet accord doit être considéré en complémentarité de ce qui se fait déjà avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Depuis quelques années, des professeurs néerlandophones et francophones ont effectivement la possibilité d'enseigner de l'autre côté de la frontière linguistique. Un protocole d'accord leur permet de ne pas perdre certains avantages liés à leur communauté d'origine s'ils font le choix d'enseigner dans l'autre communauté. Il s'agit essentiellement d'assurer au enseignants flamands de maintenir leur niveau de salaire plus élevé que celui des enseignants francophones. Mais ce programme ne rencontre jusqu'ici que très peu de succès.

Le choix de la France étonne Rudy Demotte

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'accord signé entre la France et la Flandre suscite un certain malaise. Le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'étonne d'ailleurs "du choix de la Flandre de se tourner vers la France plutôt que de se tourner vers son partenaire belge".

Pour Rudy Demotte, si des accords de coopérations existent entre flamands et francophones et s'ils sont sous-exploités, il faut y remédier. Il demandera à la ministre de l'Enseignement, Marie-Martine Schyns d'évaluer ces accords et d'y apporter des améliorations. "Il est essentiel que les collaborations avec la Flandre se poursuivent", conclut Rudy Demotte.

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