"Postposer sans cesse les décisions finira par coûter cher à la Wallonie" dit le cdH

Le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke (MR).
Le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke (MR). - © BRUNO FAHY - BELGA

Alors que le conclave budgétaire wallon vient de débuter, le cdH a une nouvelle fois pointé, lundi, "le rythme d'escargot" du gouvernement régional et son incapacité à trancher. "Ca ne va pas, merde! L'exécutif se cache derrière des consultants externes, induisant des dépenses qu'il ne peut se permettre. Or, ce sont des décisions politiques qui doivent être prises. Les postposer sans cesse finira par coûter très cher à la Région", a ainsi fulminé le chef de file des humanistes au Parlement de Wallonie, François Desquesnes.

"Le conclave nous permettra peut-être d'avoir des signaux plus clairs, mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions", a-t-il ajouté. Pour le cdH, l'exercice - qui devrait se terminer jeudi - doit au minimum déboucher sur des moyens supplémentaires "significatifs" pour les travailleurs des soins de santé dépendant de la Région et pour un plan de lutte contre la pauvreté "dont les objectifs n'ont toujours pas été fixés".

Le coût de la crise du coronavirus s'élèvera à 1,5 milliard d'euros

"Selon les chiffres dont nous disposons, le coût de la crise du coronavirus s'élèvera à 1,5 milliard d'euros", entre la chute des recettes et la hausse des dépenses. Un coût auquel s'ajoute les 434 millions de déficit déjà prévus pour l'exercice budgétaire. "On arrive finalement à un déficit approchant les 2 milliards d'euros et à des besoins de financement de quelque 4 milliards", a détaillé François Desquesnes.

Des montants qu'un jour ou l'autre, il va falloir trouver. "La Région devra être attentive à l'arrivée des programmes de financement européens qui constituent des opportunités qu'elle devra saisir", a-t-il souligné. Quant à la dette liée au covid-19, la Wallonie pourrait s'inspirer de la France et de l'Allemagne qui réfléchissent à la possibilité de loger cette dette dans des véhicules particuliers, dissociés des autres dettes, afin de ne pas réduire les dépenses d'investissements, indispensables à la relance de l'économie.

"Arrêtons aussi de lancer des marchés publics pour que des consultants externes viennent nous remettre des rapports dans 30 mois. Le gouvernement ne veut pas trancher ou veut cacher ses décisions en faisant constamment appel à des experts, que ce soit pour le budget base zéro du ministre du Budget Jean-Luc Crucke ou pour le plan 'Get up Wallonia' d'Elio Di Rupo, pour lequel on semble de partir d'une feuille blanche, ou presque, alors que la déclaration de politique régionale prévoyait déjà des plans d'action. Le boulot du politique, c'est de faire des choix", a encore plaidé le chef de groupe des humanistes.

Baisse des recettes autour des 700 millions

Interrogé par plusieurs parlementaires en commission du parlement wallon, le ministre Crucke s'est lui aussi exprimé à demi-mots sur le conclave en cours. "Je confirme une baisse attendue des recettes autour des 700 millions d'euros et des dépenses liées à la crise du coronavirus estimées à ce stade entre 1,2 milliards et 1,3 milliards d'euros. Ce sont évidemment de mauvaises nouvelles", a admis le ministre alors que l'agence de notation Moody's doit communiquer, dans les heures qui viennent, sur sa décision relative à la note de la Wallonie.

"Nous sommes fortement impactés par une prévision de diminution du PIB national de l'ordre de 10,6%", la perte d'un pour-cent de PIB coûtant environ 50 millions d'euros à la Région en dotation, a poursuivi Jean-Luc Crucke.

"Cela étant, l'objectif est d'avoir une trajectoire budgétaire qui serait, en dehors des impacts de la crise et en dehors d'un plan de relance immédiat, dans la lignée de notre trajectoire initiale", qui prévoyait un retour à l'équilibre en 2024, a-t-il ajouté.

Le débat sur le budget régional n'aura pas lieu au parlement wallon avant la rentrée.

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