Plus de 800 personnes rassemblées à Malines pour les funérailles du Cardinal Danneels

C'est aujourd'hui à Malines que se déroulaient les funérailles du Cardinal Danneels décédé jeudi 14 mars à l'âge de 85 ans. Le roi Philippe et la reine Mathilde, le vice-premier ministre Kris Peeters, Koen Geens et Pieter De Crem, ainsi que les présidents de la Chambre, du Sénat et du parlement flamand, tout comme la gouverneure de la province d'Anvers et le bourgmestre de Malines, Bart Somers, ont assisté aux obsèques.

En plus de la famille royale et de personnalités politiques dont la présence avait déjà été annoncé, des représentants des communautés orthodoxe, juive et islamique ont également fait le déplacement.

Une cathédrale bondée

Les premiers sympathisants se sont rassemblés vers 8h45 à la cathédrale Saint-Rombout de Malines pour rendre un dernier hommage à l'homme d'Eglise. Les portes de la cathédrale se sont ouvertes dès 9h30, après l'arrivée de la dépouille.

Le lieu de culte affichait déjà quasiment complet vers 10h30, à une demi-heure du début de l'office, assuré par le primat de Belgique Jozef de Kesel.

L'office a débuté vers 11h et plus de 800 personnes et 175 membres du clergé sont venus y assister. Aucun écran n'avait toutefois été installé en dehors de la cathédrale pour les fidèles dont la plupart ont pu assister aux obsèques.

Godfried Danneels "a été un bon berger durant toutes ces années", a confié l'actuel archevêque Jozef De Kesel lors de son homélie. Le défunt a dirigé l'Église catholique belge à un moment "charnière tant pour l'Église que pour la société", selon l'orateur. "Il n'était pas facile d'être à la fois guide et berger, mais il l'a été avec courage et autorité."

"Le cardinal avait le don de la parole", s'est souvenu Mgr De Kesel durant l'homélie. "Par cette parole, parlée et écrite avec tant de passion, il a touché le coeur de beaucoup. Grâce à cette parole, il nous a toujours conduits à la source". Godfried Danneels n'avait pourtant pas de nostalgie du passé, selon l'archevêque de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles.

"Fidèle au Concile Vatican II, il était fondamentalement convaincu de la nécessité d'un renouveau et d'une réforme dans l'Église, tant à sa tête que parmi ses membres", a encore déclaré Jozef De Kesel, qui a également mis en avant le dialogue interreligieux mis en place par le défunt.

À la fin de l'homélie, l'archevêque a brièvement abordé le sujet difficile des abus commis par le clergé. "Lorsque sa biographie a été présentée il y a quelques années, il a pris la parole publiquement pour la dernière fois. À cette époque, l'Église avait déjà été confrontée au péché et à la faiblesse par des abus dans son propre cercle. Et même à ce moment-là, il a déclaré: 'Là où j'ai échoué, je compte sur le pardon de Dieu'. C'est notre prière aujourd'hui".

Nombreuses réactions des personnalités politiques

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a été le premier parmi ces personnalités à s'exprimer. "Le cardinal Danneels a été à la tête de l'Eglise catholique si longtemps et il l'a fait d'une manière particulière", a-t-il ainsi analysé."Il savait très bien ce qui se passait avec les gens et pouvait aussi tout exprimer en langage humain. Il avait une oreille attentive et savait très bien où il voulait aller. Pendant l'opération Calice, il a traversé une période douloureuse durant laquelle il était souvent seul", a encore confié le ministre.

Il a relevé que le message de l'archevêque était toujours empli de valeurs et que la charité y avait une place très particulière. Rik Torfs, juriste et spécialiste du droit canon mais aussi ancien recteur de l'université louvaniste KU Leuven, estime que sa venue à la cérémonie de vendredi était "la dernière chose que je pouvais encore faire pour lui".

"Je le connaissais déjà depuis les années 1970, quand il a été ordonné évêque. Maintenant, nous ne pouvons que réfléchir à qui il était et prier pour lui". Rik Torfs n'était pas toujours d'accord avec l'homme d'église et cela les a parfois menés à des discussions animées. "Godfried Danneels avait pourtant l'art de pouvoir communiquer avec le nouveau monde", a-t-il reconnu, "mais n'a pas pu empêcher que la Flandre se laïcise."

Le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA), également présent, avait, lui, surtout rencontré le cardinal Danneels lorsqu'il était encore journaliste. "Je l'ai souvent interviewé et il y avait alors toujours un entretien préliminaire mais aussi et surtout une discussion à son issue. Je garde un souvenir chaleureux de lui. Il pouvait parfois être un peu distant mais je pense que j'ai tout de même pu un peu transpercer ce bouclier".

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), également compétent pour les cultes, a trouvé que l'ancien archevêque avait été un homme cérébral et intelligent. "La raison était très importante pour lui, davantage que l'émotion. Il a été une voix importante qui était également écoutée à Rome", a-t-il conclu.

Hommage du Pape François

Le pape François avait adressé, le jour du décès du Cardial un télégramme de condoléances à Mgr De Kesel, primat de Belgique. "Le cardinal Danneels a servi l'Eglise avec un grand dévouement, non seulement au niveau de son évêché mais aussi de son pays et de plusieurs dicastères. Il était ouvert et faisait face aux défis auxquels est confrontée l'Eglise actuelle", a adressé le pape François à Mgr De Kesel.

Une lettre du pape François a d'ailleurs été lue en début de cérémonie.

Depuis l'annonce du décès de l'ancien archevêque de Bruxelles-Malines dont le parcours au sein de l'Eglise a débuté en 1957, les hommages se sont succédé.

Durant trois jours, la dépouille de Godfried Danneels avait été exposée au palais archiépiscopal de Malines où le public a pu venir se recueillir et signer le registre de condoléances. "Le palais archiépiscopal est l'endroit où il travaillé et habité pendant 30 ans et constitue donc un lieu très symbolique pour le cardinal", expliquait Geert De Kerpel, porte-parole de l'archevêché de Malines-Bruxelles.

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