Plan de relance wallon : le ministre Jeholet prêt à discuter "sans tabou" d’une réforme de la formation en alternance

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet, s’est dit prêt lundi à discuter "sans tabou" avec la Région wallonne d’une réforme de la formation en alternance, une compétence en partie communautaire que la Wallonie voudrait pouvoir maîtriser afin d’en faire un levier de son programme de relance économique.


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"Notre modèle actuel (de formation en alternance) n’est absolument pas satisfaisant", a commenté Pierre-Yves Jeholet, interrogé en commission du Parlement de la FWB par les députés Alda Greoli (cdH) et Mohamed Ouriaghli (PS) sur les ambitions wallonnes.

"Les chevauchements entre les structures et dispositifs wallons, bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont sources de confusion, d’incompréhension et de lourdeurs de fonctionnement pour les citoyens. Elles sont parfois redondantes, trop peu complémentaires et parfois concurrentes sur certains aspects. Et cette multiplication de structures à un coût conséquent", a ajouté le ministre-président de la Fédération, lui-même acquis de longue date à la cause régionaliste.

À ses yeux, une concrétisation rapide de cette réforme de l’enseignement en alternance servira en réalité de test à la capacité des francophones du pays à préparer la prochaine réforme de l’État.

"J’ose le dire si, nous, francophones, ne parvenons même pas à nous accorder sur un chantier majeur comme la réforme de l’alternance, cela laisse augurer peu de bonnes réformes pour 2024", a lancé Pierre-Yves Jeholet.

"Une partie substantielle de la lasagne institutionnelle réside aussi dans notre propre espace francophone. Un véritable travail de simplification intrafrancophone ayant comme moteur "l’efficience au service des citoyens" doit être mené dès aujourd’hui, ce qui, pour rappel, ne nécessite pas de réforme de l’État", a-t-il conclu.

Reportage du JT du 26 mai dernier :

L’enseignement en alternance (CÉFA) représente environ 2,6% de l’enseignement secondaire ordinaire en FWB. Il a connu une augmentation de 5 en dix ans en passant de 8909 à 9396 élèves.

Ouvert aux jeunes dès l’âge de 15 ans, l’enseignement en alternance s’appuie sur des cours généraux dispensés à l’école à raison de deux jours par semaine.


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Les trois autres jours de la semaine, les élèves les passent en entreprise, où ils apprennent un métier. Ils perçoivent une indemnité mensuelle qui progresse avec leur niveau de connaissances.

Certains pays européens, comme l’Allemagne ou la Suisse, ont fait de la formation en alternance une autoroute vers l’emploi pour des milliers des jeunes, une voie que la Région wallonne voudrait suivre également. La formation en alternance relève toutefois des politiques d’éducation, une compétence officiellement exercée par la Fédération Wallonie-Bruxelles.


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