Plan de relance: "L'heure est à la créativité" selon Elio Di Rupo

Elio Di Rupo
Elio Di Rupo - © GEORGES GOBET (belga)

"L'heure est à la créativité. Nous devons tenter de faire mieux et plus avec les moyens budgétaires dont nous disposons", a déclaré le Premier ministre Elio Di Rupo, mardi après-midi, au terme d'une rencontre avec les partenaires sociaux au cours de laquelle le gouvernement leur a présenté les premières propositions tirées du plan de relance sur lequel il planche.

Les partenaires sociaux du Groupe des 10 (patrons et syndicats) se sont retrouvés ce mardi midi au Lambermont où le gouvernement leur a présenté les premières propositions tirées du plan de relance sur lequel il planche. Un plan dont les mesures définitives devront être prises pour le 21 juillet, au plus tard.

Ce plan de relance doit permettre au pays de mieux affronter la crise mais il faut bien dire qu'après les déclarations et les ballons d'essais, on attend toujours un peu de concret.

"Nous avons eu une réunion extrêmement constructive qui nous a permis de définir une stratégie de relance économique et de relance générale", a déclaré Elio Di Rupo à la sortie de cette rencontre.

Un agenda a notamment été défini. "D'ici le 21 juillet, le gouvernement essayera d'arrêter les premières mesures du plan de relance. Nous attendrons ensuite, pour septembre, de nouveaux indicateurs du Bureau du Plan avant de poursuivre notre travail avec les partenaires sociaux jusqu'à la fin de l'année", a encore indiqué Elio Di Rupo.

"Nous avons effectivement eu une discussion ouverte", ont de leur côté confirmé les syndicats pour qui "une véritable relance est indispensable" après plusieurs années d'austérité.

Les déclarations avant la réunion

"Nous n'avons pas de tabou, nous n'avons pas d'exclusive. Ce qui compte, c'est l'efficacité des mesures qu'on prendra", a expliqué à son arrivée Pierre Alain De Smedt, le président de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB).

"Il y a deux types de visions. J'entends parler de relance au travers de la flexibilité, au travers de la baisse des salaires. Ce n'est pas du tout la relance que nous voulons", a déclaré pour sa part Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC. "Il faudrait pouvoir dégager des moyens, et c'est pour ça que nous disons que la fiscalité est un des moyens. Une fiscalité beaucoup plus juste qui pèse moins sur les revenus du travail et davantage sur les revenus du capital et les revenus financiers devrait permettre ce genre de choses", a ajouté Anne Demelenne pour la FGTB.

C'est à ce moment là que le ministre des Finances, Steven Vanackere, a jeté un froid : "Je crois que là, avec les partenaires sociaux, on va vraiment devoir faire appel à leur sentiment de responsabilité en expliquant qu'il n'y a pas moyen de dépenser de l'argent pour promouvoir la relance, il faudra en tout état de cause maintenir la logique budgétaire".

Un débat sur les moyens à mettre au service du plan de relance qui sera, au sein du gouvernement cette fois, l'enjeu du contrôle budgétaire à venir.

D'autres partis, d'autres priorités

Lundi, c'est le sp.a qui redéfinissait ses priorités. Bruno Tobback, président du sp.a, déclarant : "Il y a eu trop de discussions, y aura-t-il un plan ou n'y en aura-t-il pas ? Et trop peu de vision : où veut-on aller ? Nous nous savons où nous voulons aller et comment.  Nous voulons créer de l'emploi et en même temps veiller à ce que ces emplois procurent une vraie vie à ceux qui les exercent, d'où l'intérêt de l'indexation. D'où la lutte contre l'inflation. D'où des mesures spécifiques pour les groupes fragiles".

Et c'est vrai que chacun vient avec ses projets, idées, désirs. Et que l'on ne peut qu'espérer qu'en coulisses les experts progressent pour amener une copie présentable, un moule à compromis, pour l'équipe Di Rupo. Une philosophie globale : relancer notre économie, tout en soulignant qu'elle ne s'en sort pas si mal. Il faudra donc des coups de pouce à l'emploi.

La ministre Monica de Coninck a déjà présenté son plan : soutien aux jeunes peu qualifiés avec des stages de formation renforcés pour décrocher le premier emploi, soutien aussi aux + de 55 ans, coups de pouce aux PME et aux indépendants, réduction d'impôt et allègement des charges patronales insistent les libéraux pour stimuler la compétitivité des entreprises.

"Pas touche" à l'indexation automatique disent les socialistes, face au débat qui renaît périodiquement. Et d'avancer, pour préserver la sécurité sociale, quelques taxes nouvelles sur le capital, les dividendes, les plus-values, et non sur le travail. Reste encore à se concerter avec les Régions en charge également de l'emploi, ce qui ne va pas toujours sans frictions. Et que ce plan de relance soit "budgétairement neutre" pour les comptes de l'Etat qui n'a pas de milliard à disposition. Bref, tout reste bel et bien à faire.   

P. Magos, F. Van Eeckhaut et Belga