Plan de relance : "L’heure de vérité" pour Elio Di Rupo qui appelle patrons, syndicats et associations à se mobiliser

Les acquis de la sixième réforme de l’Etat et les négociations institutionnelles en 2024 poussent le gouvernement wallon à mettre les bouchées doubles pour relancer son économie. Les négociations institutionnelles iront en effet de pair avec une diminution des financements de la Wallonie. "C’est l’heure de vérité", a reconnu le ministre président du gouvernement wallon Elio Di Rupo, ce mardi dans Matin Première.

Un plan de relance inédit

C’est dans ce contexte que le ministre président socialiste veut inscrire le plan de relance de 7,64 milliards d’euros présenté vendredi dernier par le gouvernement wallon. Un plan auquel s’ajouteront l’année prochaine plus de deux milliards d’euros en provenance du FEDER (fonds européen de développement régional) et du FSE (fonds social européen).


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Ce plan wallon s’appuie sur cinq axes : la jeunesse, la soutenabilité environnementale, le développement économique, la solidarité et l’inclusion sociale et une gouvernance innovante et participative. "Aujourd’hui, il y a un et un seul plan qui est le plan de relance pour la Wallonie. On y a consacré 8 milliards d’euros. Jamais dans l’histoire de la Région wallonne, on a mis autant de moyens", a soutenu Elio Di Rupo. "Et avec des projets concrets par exemple rénover les bâtiments, il y aura plus d’un milliard cent millions. On fait (aussi) la promotion d’énergies renouvelables dans les quartiers, dans les zonings. On aura à Liège, le développement de l’hydrogène. Dans le Hainaut, il y aura des centres de formation spécialisés en biotechnologies, en matériaux nouveaux et j’en passe."

Un appel aux interlocuteurs sociaux

Pour Elio Di Rupo encore, si l’action du gouvernement wallon est nécessaire, elle "ne suffit pas" et doit être davantage perçue comme une "impulsion". Le ministre président lance une invitation : "Les syndicats, les associations, les patrons ne peuvent pas rester au balcon […]. Moi, je suis disponible, vraiment disponible pour dialogue avec tout le monde pour que chacun dans sa sphère de responsabilité puisse agir dans l’intérêt de nos concitoyens."

La dernière réforme de l’Etat a revu les mécanismes de financements entre les différentes entités du pays et des négociations institutionnelles se tiendront en 2024. "C’est l’heure de vérité pour plusieurs raisons", selon Elio Di Rupo. "En 2024, le financement de la Wallonie va diminuer. Ensuite, nul ne peut dire aujourd’hui ce qui va se produire en 2024. Imaginons un seul instant que du côté flamand, le Vlaams Belang (l’extrême droite séparatiste) et la N-VA (parti séparatiste) aient à eux deux une majorité et forment le gouvernement flamand, nous serions dans des conditions incroyablement difficiles pour l’avenir même de l’unité de notre pays. Et bien nous, nous devons compter sur nos propres forces, les forces des francophones, la force des Wallons en n’oubliant pas que nous sommes minoritaires (à peu près 32% de la population). Nous devons être […] plus décidés que la majorité. Et si on y parvient avec le concours des patrons, des syndicats, des associations, alors 2024 ne sera plus un danger mais une étape que nous allons pouvoir franchir."

Une école wallonne

Dans Matin Première, le ministre président du gouvernement wallon a par ailleurs plaidé pour une simplification institutionnelle, soit un gouvernement fédéral et des gouvernements avec tous les attributs (y compris l’enseignement), par région en fonction de la langue : un gouvernement flamand en Flandre, un gouvernement bilingue à Bruxelles, un gouvernement francophone en Wallonie et un gouvernement germanophone en Communauté germanophone.

Pour Elio Di Rupo, cette nouvelle composition du paysage institutionnelle permettrait à la Wallonie d'avoir les commandes "notamment sur l'enseignement qualifiant. Aujourd'hui, il y a des milliers d'emplois qui ne sont pas occupés simplement parce que nous avons une déficience dans la formation des jeunes. Dans le plan de relance pour la Wallonie, la formation des jeunes est un élément central".

 

 

 

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