Place aux super-camions sur les autoroutes wallonnes

Parmi les premiers écocombis, on pourra sans doute croiser celui conçu pour AB InBev par NinaTrans
Parmi les premiers écocombis, on pourra sans doute croiser celui conçu pour AB InBev par NinaTrans - © LUC CLAESSEN - BELGA

On devrait bientôt croiser sur les routes wallonnes de nouveaux géants du bitume. Ces super-camions, particulièrement imposants, circuleront sur les grands axes de Wallonie vraisemblablement d'ici 4 ou 5 mois. Le ministre wallon des Travaux publics a présenté ce jeudi un projet de décret pour, dans un premier temps, tester ces transports.

60 tonnes dans un bahut

Mégaliners, écocombis ou plus simplement super-camions, ces géants de la route mesurent plus de 25 mètres et transportent jusqu’à 60 tonnes. Leur intérêt? Sur les routes, deux camions de ce type remplacent trois camions standards et lorsqu’ils se suivent, ils accaparent 100 mètres de bitume au lieu de 150. Par ailleurs, ils ne détruisent pas plus le revêtement routier que les autres camions: leur charge repose sur 7 ou 8 essieux.

Déjà testés ou en service ailleurs

Leurs partisans prétendent aussi qu’à charge égale, ils consomment moins et polluent moins. Ils en veulent pour preuve que des pays soucieux d’écologie, comme les pays scandinaves, l’Allemagne ou les Pays-Bas les ont autorisés et que la Flandre aussi va les tester.

On ne peut toutefois pas oublier que ces super-camions supposent des aménagements sur les itinéraires qu’ils empruntent. Certains ouvrages d’art, les aires de repos et de stationnement, les stations-services, les bretelles d’échangeurs et, a fortiori, les ronds-points… ne sont pas tous adaptés à leur passage. Ils ne peuvent rouler que sur des grands axes et relier des zonings, des centres logistiques ou de grosses usines. Ailleurs, ils sont inconcevables sans ajustement du réseau et des infrastructures.

Test sous condition

C’est pour cela que le test mené en Wallonie impose des limites. Ces super-camions avec lesquels les automobilistes et les autres usagers vont devoir composer l'été prochain ne pourront pas circuler comme bon leur semble. Il faudra que leurs trajets soient définis à l’avance, que les chauffeurs soient spécialement formés et qualifiés. Ils ne pourront pas transporter de matières dangereuses ni faire concurrence à la voie fluviale ou au rail que la Région veut favoriser pour le transport des gros tonnages.

Sur ce dernier point, la phase de test permet des contraintes. Mais si ces écocombis sont un jour autorisés, on imagine bien que l’idée des transporteurs sera d’abord de les faire naviguer sur les grands itinéraires européens, là où ils seront sans doute plus rentables qu’entre Gosselies et Herstal.

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