Place à l'Acte 2

Les deux textes ont été accueillis par une salve d'applaudissements sur les bancs de la majorité, à l'exception notable du CD&V.

Cela veut dire que politiquement, une page est tournée....

 

Légitimité 1

 

Le gouvernement de Charles Michel a franchi un cap. Sur ces deux dossiers, il n'aura pas dévié de l'accord gouvernemental d'octobre dernier, malgré les manifestations ou les grèves à répétition.

 

Sur le fond, il reste toutefois quelques questions.

Tout d'abord, il faut le rappeler, comme tous les actuels textes de lois fédéraux, ce saut d'index ou cette réforme des pensions des services publics sont adoptés par une très large majorité des représentants flamands des citoyens mais une minorité des représentants des citoyens francophones de ce pays.

Les textes passent parce que simplement la Flandre politique le veut.

A terme, cela pourrait poser des problèmes de légitimité et isoler plus encore le MR qui se présentera électoralement en Wallonie et à Bruxelles où il aura en quelque sorte " imposés " des mesures contre l’avis de la grande majorité de l’électorat qu’il devra alors séduire.

Ensuite, la légitimité économique du saut d'index reste à démontrer. Les économistes ou les chefs d'entreprises sont divisés sur la question. Toujours est-il que la perte de 2% de pouvoir d'achat n'interviendra qu'en 2016 et n'aurait un effet éventuel qu'en 2017. Et bloquer temporairement le montant des pensions ou des allocations familiales par exemple, ne favorise en rien les entreprises. Les effets souhaités sur l’emploi ou sur la compétitivité des entreprises seront à tout le moins, tardifs.

Enfin, ce vote a aussi permis de cerner le malaise du CD&V. Les chrétiens-démocrates n'ont accepté que du bout des lèvres ce saut d'index que rejette notamment l'ACV. Le CD&V sera d'autant plus exigeant lors des négociations sur la fiscalité qui vont s'ouvrir au risque de perturber à nouveau la stabilité gouvernementale.

 

Légitimité 2

Paradoxe et hasard du calendrier, ces réformes voulues par la majorité fédérale ont été votées alors que le pays était au ralenti du fait d'une grève lancée par la seule CGSP.

Il faut bien constater que le Front Commun ne tient qu'à un fil et à l'intérieur même de chacun des syndicats, il y a des lignes de fracture. La CGSP avait décidé quasiment seule, il y a plusieurs semaines, de partir en grève ce 22 avril. Après le vote à la Chambre, une nouvelle phase commence pour les syndicats également.

Les syndicats ont pu faire fléchir le gouvernement sur certains aspects, comme sur les fins de carrière ou les prépensions, faisant grincer des dents à la N-VA mais pour le reste le gouvernement fédéral a gardé le cap.

Prochaines échéances qui susciteront une mobilisation syndicale : l’installation du nouveau Comité National des Pensions, lieu de concertation pour une mesure (la pension à 67 ans) que les syndicats rejettent et la négociation politique sur le tax-shift, dont le CD&V …et l’ACV attendent beaucoup.

Reste aux syndicats à calibrer leurs actions pour ne pas lasser et maintenir une certaine pression.

Premières indications… le Premier Mai.

 

Philippe Walkowiak

 

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