Piraterie: des agents armés sur les navires belges? "Oui, mais..."

Des garde-côtes patrouillent au large d'Abidjan
Des garde-côtes patrouillent au large d'Abidjan - © AFP

Il y a quelques jours, le gouvernement a décidé d'autoriser le recours à des sociétés privées de sécurité, armées, à bord de navires battant pavillon belge. Une mesure qui vise à protéger les bateaux naviguant surtout au large de la Somalie et régulièrement victimes d'actes de piraterie. Les armateurs belges étaient demandeurs d'une telle autorisation. Les flottes commerciales norvégienne, britannique ou italienne bénéficient déjà de ce type de protection qui ne va d'ailleurs pas sans soulever quelques questions.

Le sujet est sensible, la présence d'agents de sécurité en arme a évidemment un effet dissuasif. Mais certains spécialistes évoquent aussi le risque de dérives. Jean Didier Rosi a publié en 2009 un ouvrage sur la Privatisation de la violence et évoque le problème de la course à l'armement. "Puisque les pirates s'attaquent aujourd'hui à des bateaux relativement peu protégés, ils le font avec de l'armement léger. Imaginons maintenant ces navires protégés par des hommes armés, il est clair que la tentation sera grande pour les criminels de recourir à de l'armement à plus longue portée, comme des lance-missiles individuels", estime-t-il. 

Et puis, ces sociétés de sécurité n'ont pas toujours bonne réputation. Le gouvernement s'est engagé à être très strict dans leur autorisation et celle de leur personnel. Pour Jean Didier Rosi, il apparaît évident que ces activités doivent être encadrées par une loi "revue et corrigée, nettement mieux adaptée à la réalité du terrain qu'elle ne l'est aujourd'hui".

Dans un premier temps, seules les zones maritimes à haut risque de piraterie sont concernées, et ce pour une période limitée à deux ans.

Pierre Magos

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