Pilule dans les centres de planning familial: fédéral et Wallonie se renvoient la responsabilité

Les plannings familiaux, qui sont des lieux d'accueil où tout un chacun peut trouver une aide en matière de vie sexuelle, ne pourront pas délivrer, à l'avenir, la pilule du lendemain. La décision est tombée, elle a été prise par la ministre de la Santé Maggie De Block. 

Il n'est pas nécessaire de changer la loi sur les médicaments pour permettre aux centres de planning familial de délivrer aussi les pilules contraceptives et du lendemain puisque le ministre wallon de la Santé Maxime Prévot a indiqué qu'il trouverait une solution au niveau régional, a indiqué mardi après-midi le cabinet de la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block. Maxime Prévot se dit "très surpris" et rappelle qu'il demande une solution dans ce dossier depuis son entrée en fonction en 2014.

Les deux ministres ont eu un échange de courrier il y a quelques semaines pour évoquer la problématique des centres de planning familial. Ceux-ci, financés par la Région wallonne, ont été sommés d'appliquer strictement la loi sur les médicaments, qui prévoit que les médicaments - et donc la pilule contraceptive et la pilule du lendemain - doivent être délivrés soit par un médecin, soit par un pharmacien, à quelques exceptions légales près.

Dans son courrier, la ministre de la Santé souligne que "la prescription de la pilule contraceptive par un médecin reste primordiale dans le cadre du suivi médical des patients" et que "la distribution de médicaments ne fait pas partie des missions des centres de planning familial". Elle souligne aussi que "l'accessibilité géographique des pharmaciens est assurée, étant donné leur répartition régionale" et rappelle qu'elle ne voit pas "en vertu de quelle base légale ces médicaments sont distribués par les centres de planning familial".

"Le ministre Prévot a répondu qu'il allait trouver une solution, c'est pourquoi il n'est pas nécessaire de modifier la loi sur les médicaments", a indiqué la porte-parole de la ministre à l'Agence Belga.

Le ministre wallon Maxime Prévot s'est dit "très surpris" de la réaction de Maggie De Block. Les pistes qu'il évoque dans son courrier, notamment le fait de fonctionner avec des "bons" à présenter à l'officine quand le médecin n'est pas présent au centre de planning familial pour délivrer la pilule, doivent être confirmées ou autorisées par le fédéral, souligne son cabinet. "Prescrire, cela reste de la compétence du fédéral", précise son cabinet. Celui-ci rappelle que le ministre a porté le dossier et demandé des solutions dès son entrée en fonction en 2014. "Et le sujet est régulièrement abordé lors des réunions de concertation", commente sa porte-parole. "Nous attendons désormais une réponse du fédéral."

 

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