Piétonnier bruxellois: les commerçants appellent une nouvelle fois au secours

Les mois (et les années) passent, mais le discours des commerçants du piétonnier, lui, ne varie pas. "Ce n'est plus possible", répètent-ils. Ils étaient une cinquantaine rassemblés place Fontainas cet après-midi pour le dire encore et encore. "Le plus grand problème, c’est que nous n'avons aucune information. Un commerçant a besoin d’informations pour savoir quand va commencer un chantier et quand il va se terminer, ou s’il va durer plus longtemps que prévu. On est dans des tissus commerciaux familiaux, très petits. S’il y a une baisse de 30% du chiffre d'affaire, c’est la faillite direct", explique Nour Layachi, président de l'Association des commerçants Stalingrad-Lemonnier. "S'il n'y a pas de réflexion autour du petit commerce, il va disparaître". Après les émeutes et avec le futur chantier du métro (la ligne 3, Albert-Bordet) en ligne de mire, les inquiétudes sont d'autant plus vives. 

Clientèle découragée

Un de ses collègues renchérit. "La clientèle est fort découragée de venir dans le centre de Bruxelles et principalement les personnes qui sont plus éloignées du centre et qui venaient habituellement en voiture. Aujourd’hui, elles laissent complètement tomber car elles n’ont pas d’alternative. Il n’y a pas de plan de mobilité efficace qui leur permettrait d’aboutir au centre ville et d’être les clients que nous avons toujours connus". Lui a la chance de se situer dans une zone encore fort accessible. Il est venu par solidarité avec les indépendants directement victimes des dommages collatéraux du piétonnier.

Quelle(s) solution(s)?

Pour ces indépendants, il faut trouver des solutions et rapidement. Comme venir en aide à ces petits commerces parfois à l'agonie. "La première solution, c'est de finir ce piétonnier!", explique Ferran Sanchez, restaurateur. "Mais il faut aussi nous aider économiquement. Baisser les charges patronales, les taxes. Nous n'avons pas pu reconduire certains contrats, nous ne pouvons plus engager de personnel. Bref, c'est nous qui devons assumer tout ce travail et sacrifier notre salaire".

Pour Ferran, une fois terminé, ce piétonnier sera certes très beau. Mais en attendant, il doit vivre "avec quelqu'un qui paie le loyer et la bouffe le temps qu'ils terminent le piétonnier. Il faut avoir de la patience, mais c'est dur...", conclut-il.

De nombreux élus et candidats aux élections communales étaient présents au rassemblement de cet après-midi. Ils se disent à l'écoute. Un discours que les commerçants ont déjà beaucoup entendu.