Pieter Timmermans (FEB): "Un impôt qui tue l'impôt, ça ne sert à rien"

Pieter Timmermans
Pieter Timmermans - © RTBF

La FEB se réjouit que le gouvernement Di Rupo ait respecté la trajectoire budgétaire en 2012. Mais il faut aller plus loin en 2013, explique Pieter Timmermans à la RTBF. Si le gouvernement veut opérer un glissement de fiscalité, il faut discuter sans tabou du coût de l'Etat, dit-il.

En faisant un bilan de l’année 2012 l’administrateur–délégué de FEB Pieter Timmermans salue le travail du gouvernement Di Rupo au micro de Bertrand Henne : "Le plus important c’est qu’il a respecté la trajectoire budgétaire annoncée, et ça c’est à mon avis un élément extrêmement positif. Je confirme que la Belgique a retrouvé de la crédibilité sur la scène internationale. Les taux d’intérêt qui étaient à près de 6% à la fin décembre 2011 sont aujourd’hui à 1 ou 2%. C’est important pour la dette publique mais aussi pour les gens qui veulent emprunter auprès d’une banque. Mais les mesures annoncées ne sont qu’un premier pas. Pour nous, le point essentiel d’une relance, c’est la compétitivité de nos entreprises. On a besoin de deux choses : des finances publiques saines (et le gouvernement y travaille) et des entreprises saines qui fabriquent de la valeur ajoutée (et là, le bât blesse)".

"Un impôt qui tue l'impôt, ça ne sert à rien"

"L’année 2013 s’annonce très difficile pour les entreprises" prévoit Pieter Timmermans. Le gouvernement annonce un glissement de fiscalité et "par ce débat-là, on peut donner une perspective aux entrepreneurs. Mais il faut le mener de façon correcte : cela ne sert à rien de donner 100 euros de la main gauche et de reprendre 100 euros avec la main droite. Il faut un glissement de fiscalité intelligent. Si l’on baisse la fiscalité sur l’emploi, comment va-t-on compenser ce manque à gagner au niveau de la sécurité sociale et au niveau du budget de l’Etat? Un impôt qui tue l’impôt ou un impôt qui tue la croissance économique, cela ne sert à rien. Ce serait un impôt idéologique qui ne rapporte rien. Un débat sur un glissement de fiscalité doit s’accompagner d’un débat sur le fonctionnement de l’Etat et le coût de l’Etat, l’efficacité et les gains de productivité à trouver au niveau de la fonction publique, par exemple. A mon avis, en mettant tous ces éléments ensemble on peut réussir".

Concernant la négociation sur l’accord interprofessionnel, Pieter Timmermans se montre plutôt optimiste sur les chances d’aboutir en 2013. A la demande du gouvernement, les patrons et les syndicats ont accepté de réfléchir sur une série de thèmes, explique-t-il : "Il s’agit de l’adaptation au bien-être des allocations sociales, du salaire minimum, de la réduction des charges, de la flexibilité et du dossier ouvriers-employés. On se revoit en principe le 16 janvier. D’ici là, les partenaires sociaux vont se rencontrer et on va réparer, je l’espère, une réponse commune au gouvernement".

A.L. avec B. Henne