Pieter Timmermans (FEB): "Les syndicats ne respectent même pas les règles pour déclarer la grève"

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, la Fédération des Entreprises de Belgique, était l’invité de Matin Première en ce jeudi de grève dans les services publics wallons. "On n'est pas visés mais on est touchés indirectement" remarque-t-il. Des actions sont également prévues dans les entreprises, mais de façon très floue: "On reçoit des lettres qui disent 'A partir de maintenant jusqu'à fin décembre, il y aura des actions, ils ne respectent même pas les règles pour déclarer une grève: il faut annoncer la date, le but, etc."

Les mesures du du gouvernement, ce n'est pas un cadeau aux patrons, c'est un cadeau à l'emploi

Les syndicats dénoncent que les mesures gouvernementales soient toutes à l'avantage des patrons, ce que réfute Pieter Timmermans: "Ce n'est pas à l'avantage des patrons, c'est à l'avantage de l'emploi et de notre pays. En 2014, on nous a dit "vous recevez des cadeaux", j’ai directement dit "non, c'est un cadeau à l’emploi, et aujourd’hui ils sont là". 

Il rappelle cependant que la différence entre le coût total et le salaire net reste la plus élevée d'Europe, et prône donc la mise en place de la deuxième partie du tax shift, au profit de l'Impôt des Personnes Physiques.

Si c’est si facile de créer de l'emploi, si les mesures ne servent à rien, alors allez-y, créez votre entreprise

Le patron des patrons balaie d'un revers de la main la guerre des chiffres avec ceux qui minimisent la réelle influence des mesures du gouvernement: "Evidemment que l'embellie est liée à la croissance européenne, et essentiellement de l’Allemagne, car on y exporte beaucoup. Mais la croissance de l’emploi est aujourd'hui chez nous au-dessus de la croissance économique. D'ailleurs, à ceux qui critiquent, je dis que si c’est si facile de créer de l'emploi, si les mesures ne servent à rien, alors allez-y, créez votre entreprise, et on verra dans un an si ça a été si facile".

Parfois, la FGTB négocie mais après n’arrive pas à faire passer l’accord

Quant au gouvernement qui serait la voix des patrons, Pieter Timmermans met en exergue que "la FEB est un partenaire social", et qu'au sein du groupe des 10, on a engrangé "deux accords interprofessionnels et une solution pour le rendement garanti du deuxième pilier. On n'a jamais refusé un accord, alors que parfois, la FGTB négocie mais après n’arrive pas à faire passer l’accord "

Il pointe que certains partis sont déjà visiblement partis en campagne: "Pour les syndicats, je ne sais pas".

Si on dit qu’on va d’abord discuter des exceptions, tout le monde veut en faire partie

Pieter Timmermans reconnaît qu'il existe des difficultés dans les négociations pour les pensions, et en particulier sur le concept de "pénibilité". Pour lui, c'est un problème de méthode: "Il faut être cohérent : si on dit qu’on va d’abord discuter des exceptions, tout le monde veut en faire partie, ça n’a pas de sens! Moi je pense qu’il faut d’abord se mettre d’accord sur l’ossature, le squelette, c'est-à-dire le système à points, et puis seulement discuter des exceptions. Le Bureau du plan a d‘ailleurs dit que le système à point était avantageux pour les femmes, avec une carrière courte ou incomplète: je ne pense donc pas il n'est donc pas si asocial..."

Discutons sereinement, et ne lançons pas des insultes dans les médias

Pour Pieter Timmermans, les syndicats sont responsables du blocage: "Leurs propositions, c'est toujours "Donnez-nous plus, taxons plus et ne réformons rien. Avec ça, on va droit dans le mur, on le sait".  Il appelle donc les syndicats à un vrai dialogue: "Discutons un peu sérieusement, et ne lançons pas des insultes dans les médias vis-à-vis des véritables défenseurs de la concertation sociale".

 

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