Pieter Timmermans (FEB): "Il y a beaucoup plus à obtenir autour de la table que dans la rue"

Pour remédier aux pénuries de certains métiers, Pieter Timmermans propose une prime à la formation
Pour remédier aux pénuries de certains métiers, Pieter Timmermans propose une prime à la formation - © RTBF

Le patron des patrons, Pieter Timmermans, était l'invité de Matin Première ce lundi. L'occasion de revenir avec lui sur les emplois en pénurie, l'éventuelle révision du Gentleman's Agreement ou encore le budget pour l'année 2019.

Ouvrier qualifié (soudeur, électricien,...), technicien de maintenance ou de production ou encore comptable : ces métiers sont actuellement en pénurie. Pour remédier à ces pénuries, Pieter Timmermans propose une prime à la formation. "La solution miracle n’existe pas mais une des idées que l’on pourrait avoir c’est de dire qu’il y a une partie, c’est l’allocation de chômage, et quand quelqu’un suit une formation à un métier en pénurie, on pourrait imaginer un complément formation, propose le patron de la FEB. Cela pourrait inciter les demandeurs d’emploi à se former et trouver un emploi de pénurie. Cela veut dire aussi qu’on ne peut pas refuser un boulot à la fin de la formation, puisqu’il y aura forcément des emplois disponibles".

Arrêtons de dire que c’est la faute de l’autre, travaillons ensemble et proposons des solutions

Mais comment financer cette prime? Les syndicats estiment que ce sont les employeurs qui bénéficient de ces emplois, et que c'est donc à eux de payer. "Connerie", répond Pieter Timmermans. "On fait quand même tout pour que quelqu’un qui n’a pas d’emploi ait un emploi. Le pouvoir d’achat de quelqu’un qui a un emploi est plus élevé que celui de quelqu’un qui n’a pas d’emploi. Arrêtons de dire que c’est la faute de l’autre, travaillons ensemble et proposons des solutions".

Le gouvernement demande aux syndicats de revoir le "Gentlemenan's Agreement", un accord datant de 2002 entre patrons et syndicats qui définit les bonnes règles de la concertation sociale. "Pour moi, c’est simplement nécessaire car il y a un flou artistique autour du droit de grève", commente Pieter Timmermans qui distingue ceux qui se disent "intouchables" et les autres qui estiment que "le droit de grève, comme les autres droits, n’est pas absolu". "Je préfère qu’il y ait un accord entre les partenaires sociaux sur le droit de grève plutôt qu’une loi au Parlement, ajoute-t-il. Mais s’il y a un refus total, parce qu’on part du principe qu’on est intouchable et que tout est autorisé, cela va trop loin".

Les syndicats envisagent de descendre dans la rue avant l'automne, le patron des patrons ne trouve pas ça "très habile". "Depuis quatre ou cinq ans, on a quand même démontré qu’il y a quand même beaucoup plus à obtenir autour de la table que dans la rue".

Pieter Timmermans est également revenu sur l'accord sur le budget 2019 prévu pour fin juillet par le gouvernement. "Prendre des mesures pour équilibrer le budget, c’est très facile : on augmente les taxes, avance le président de la FEB. Mais avec ça, on tue la croissance économique et la création d’emploi. On doit donc trouver l’équilibre entre mesures de réforme structurelles qui rapportent à terme. Par exemple, on le voit avec le tax shift. En 2014, les syndicats disaient que c’est un cadeau aux employeurs. Les derniers chiffres démontrent qu’il y a plus d’emplois, plus de rentrées dans les caisses de la sécurité sociale, moins d’allocations de chômage à payer". Mais d'après le Bureau du Plan, il manque plus de 4 milliards pour boucler le budget 2019. Comment faire pour y arriver? "C’est le défi pour les semaines à venir", répond le grand patron.

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