Pieter Timmermans (FEB): "400.000 personnes recherchent un emploi et 140.000 postes restent vacants" 

Le gouvernement Michel a bouclé son accord de l’été. Un des grands volets de cet accord est la réforme du travail et des allocations de chômage, ainsi qu'une prime octroyée aux demandeurs d’emploi qui suivent une formation menant à l’exercice d’un métier en pénurie. Il y aura aussi une dégressivité accélérée de l’allocation de chômage et le droit à un reclassement professionnel pour le travailleur licencié pour raisons médicales.

Syndicats et opposition se sont déjà exprimés sur ces mesures, mais qu’en pensent les patrons ?  Pour Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique, ce plan fait bien partie de ce qu’on appelle un job deal qui doit permettre la création de 12.500 emplois dès l’an prochain.

140.000 postes vacantes

Un aspect de l’accord qui réjouit Pieter Timmermans. "Nos entreprises ont cofondé quelque chose d’exceptionnel. Ils ont créé des emplois. Mais les entreprises peinent à trouver de la main-d’œuvre adaptée.

Il y a à peu près 140.000 postes vacants, le taux de vacance d’emplois s’élève actuellement à 3,47%, c’est le taux le plus élevé de la zone euro. Il y a donc un problème et nos entreprises attendent des solutions. On a fait des propositions la semaine passée avec les syndicats, le Groupe des 10 a déposé des mesures sur la table du gouvernement. Personnellement, je suis content que le gouvernement annonce une série de mesures pour résoudre ce problème."

Appliquer le plan au plus vite

Tout en reconnaissant que l’on pourrait faire mieux, le patron de la FEB constate qu’il fallait trouver un équilibre entre les quatre partis de la majorité. "Je pense que c’est un plan assez important. Il y a beaucoup plus de points positifs que de points négatifs. Le point négatif sur lequel nous avons insisté, c’est qu’il faut le mettre en œuvre le plus vite possible, c’est-à-dire déposer des textes de loi et les voter. C’est le plus urgent et c’est notre demande aujourd’hui."
Un enthousiasme et une fébrilité que ne partagent pas tous les participants du Groupe des 10. A commencer par la FGTB, dont le président Robert Vertenueil, qui a déclarer qu’il était prêt à aller "jusqu’à bloquer le pays s’il le fallait". Il visait alors directement FEB. Avec le danger de voir se briser une certaine idée de la concertation sociale dans le pays.

Depuis 2014, les entreprises ont créé plus de 150.000 emplois

Pieter Timmermans rétorque que créer des emplois est, au contraire, très social. "Depuis 2014, les entreprises ont créé plus de 150.000 emplois, c’est-à-dire de nouvelles opportunités pour des gens demandeurs d’emploi qui n’avaient pas d’emploi auparavant. C’est très social parce que ça crée également du pouvoir d’achat pour ces gens. Ça renforce notre tissu économique, ça fait augmenter notre croissance économique et ça finance également la stabilité sociale. "

Son argument est que le problème, ce ne sont pas les entreprises, mais le fait que " Plus de 300 000 ou 400 000 personnes sont à la recherche d’un emploi et que dans le même temps, 140 000 postes restent vacants ". Et selon lui, dans la dans la plupart des cas, cela n’exige pas d’expertise ou d’expérience particulière.

Pieter Timmermans reconnaît que pour les syndicats, la dégressivité au niveau des allocations de chômage et la liaison des salaires à la compétitivité non plus à l’ancienneté posent question. Mais le patron des patrons belges répète que ce sont des mesures on parle depuis longtemps, et pas seulement à la FEB.

"Ce sont les instances internationales qui nous suivent — la Commission européenne, l’OCDE, le FMI — et même des bureaux de recherche en Belgique ou le Conseil supérieur de l’emploi, qui nous disent: dans votre système, que ce soit les allocations de chômage ou la formation, il y a des choses un peu exceptionnelles comparé à d’autres pays. Ces réformes sont apparemment possibles à l’étranger, et font référence dans les pays scandinaves. "

La concertation sociale malgré tout

Pour y arriver, Pieter Timmermans prône des mesures transitoires. "On ne va pas passer d’un système à l’autre du jour au lendemain. Ça mérite une bonne concertation, j’insiste sur le fait que, par exemple, la révision de la rémunération liée à l’ancienneté ou les barèmes dont le gouvernement parle permet la concertation sociale. "

Mais Pieter Timmermans dit constater une opposition de fait de la part de certains syndicats à l’égard du gouvernement. "Depuis trois-quatre ans, conclure un accord entre partenaires sociaux est considéré comme un soutien au gouvernement. La FEB a approuvé huit accords interprofessionnels. C’est vraiment la preuve que nous sommes là pour défendre la concertation sociale. Mais il faut naturellement s’adapter au XXIe siècle et il faut être ouvert à de nouvelles mesures"

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