Pieter De Crem parle d'une "mission offensive" en Libye

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, lors d'une conférence de presse jeudi dernier au siège de l'OTAN à Bruxelles
Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, lors d'une conférence de presse jeudi dernier au siège de l'OTAN à Bruxelles - © Belga

Invité de Matin Première, ce lundi, le ministre de la Défense a été très clair sur le rôle de l'armée belge en Libye : "On est pas dans une mission de soutien mais dans une opération offensive". En d'autres termes, les F-16 ne feront pas que de la figuration.

Pieter De Crem semblait agacé de devoir le préciser. "C'est très clair depuis vendredi dernier", dit-il. Par cette opération la coalition internationale veut "imposer les conditions de la résolution par l'emploi des armes" et qui dit emploi des armes dit l'emploi des F-16 à cette fin. Pas contre, il n'y aura pas "d'intervention au sol" des troupes belges, précise le ministre de la Défense.

"Nous avons été sollicités pour participer à la réalisation de la première partie de la résolution", dit-il, à savoir "la protection du peuple libyen contre son propre régime". "Le gouvernement belge s'est prononcé de manière positive en donnant la possibilité des efforts de nos F-16 et un chasseur de mines pour contrôler par après l'embargo", ajoute-t-il. 

Quant à savoir quand ces F-16 vont entrer en action, Pieter De Crem reste flou. Il dit juste qu'une réunion du Conseil des ministres est prévue ce lundi et que celui-ci doit "approuver, comme convenu, le cadre très spécifique dans lequel on travaille". Pas davantage de précision sur ce "cadre très spécifique" sur lequel il dit ne pas pouvoir communiquer, information confidentielle à l'armée. 

Quel est l'objectif de cette guerre ? 

L'objectif des Nations Unies est de protéger la population civile mais aussi de traduire en justice Mouammar Kadhafi en l'envoyant devant la Cour pénale internationale (CPI). Selon Pieter De Crem, deux résolutions ont bien été votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

"La première, la résolution 1970, dit clairement que Kadhafi doit être traduit devant le CPI à Lahaye" et "la deuxième, la résolution 1973, donne les moyens à la Communauté internationale de faire deux choses : installer la zone de non survol et en même temps protéger la population libyenne, et tout mettre en oeuvre pour vérifier l'embargo des armes", dit-il. Et il confie : "La communauté internationale est très déterminée".

Quant aux critiques de la Ligue arabe, Pieter De Crem ne s'étonne pas : "C'était prévisible", dit-il. 

Faut-il craindre un nouvel Afghanistan ? 

La situation n'est "pas comparable", estime le ministre de la Défense mais "ce serait une illusion de croire qu'après quelques jours, tout serait terminé". Il y aura "un après-Kadhafi", dit-il, et il faudra aider le peuple libyen à s'y préparer. 
 
C. Biourge 


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