Pieter De Crem (CD&V) : "Ce soir, j’entends que les socialistes ne claquent pas la porte"

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) était l'invité de Nathalie Maleux et de François De Brigode dans "Jeudi en Prime". Son parti, le CD&V était encore au cœur de toutes les discussions ces derniers jours. L’objet de nombreux commentaires et de critiques dans cette phase de discussions en vue de former un gouvernement fédéral.

 

Pas sans la N-VA

Son parti, le CD&V est depuis des semaines dans une position délicate, celle de pivot. Tenté par la coalition Vivaldi réunissant les socialistes, les libéraux, les écologistes et eux, mais tiraillé par le fait d’y aller sans la N-VA.  "L’argument du CD&V le soir même du 26 et le matin du 27 mai, c’est que le plus grand parti de Flandre, mais aussi du royaume, c’est-à-dire la N-VA doit avoir l’opportunité de montrer comment elle voit la formation d’un gouvernement fédéral (…) Le CD&V estime que le prochain gouvernement aura de nombreux défis à relever et que pour se faire il doit disposer d’une majorité linguistique forte dans le groupe flamand. Et nous continuons à défendre cette argument", déclare Pieter De Crem.

 

Les propos de Paul Magnette, ce soir, ne sont plus les mêmes. J’entends que la porte n’est pas claquée

235 jours après les élections, le casse-tête de la formation du gouvernement fédéral se poursuit et l’attitude des chrétiens démocrates flamands suscitent de nombreuses critiques. Pieter De Crem a suivi depuis nos loges les vœux et les discours du parti socialiste, ce soir et il en interprète ce qu'il en a entendu.

"Au début des pourparlers fédéraux, j’ai entendu ‘jamais avec la N-VA’. Ce soir, je n'ai rien entendu de tout ça. C’est un fait nouveau. Les propos de Paul Magnette, ce soir, ne sont plus les mêmes. J’entends que la porte n’est pas claquée".

Le CD&V en mission royale

Son tout frais président departi, Joachim Coens a vu sa mission d'informateur royal prolongée aux côtés du MR Georges-Louis Bouchez pour 15 jours de plus. Ils doivent remettre un rapport intermédiaire lundi. 

Ce duo de jeunes présidents est en mission royale depuis plus d’un mois et force est de constater que les lignes n’ont que très peu bougé depuis leurs nominations. Certains évoquent un échec couru d’avance vu leur inexpérience dans la gestion de ce genre de discussions.

"Ce n’est pas une question d’âge. Ce sont des personnes qui connaissent la politique et qui ont la confiance de leur parti. Je vois qu’ils avancent et qu’il y a des opportunités pour mettre des partis ensemble autour de la table. Il faut saisir l’occasion maintenant pour donner une voie à des négociations", explique Pieter De Crem.

Un Premier ministre CD&V ?

La personnalité de Koen Geens, l’actuel ministre de la Justice est souvent citée dans les ministrables fédéraux, parfois dans la plus haute fonction du pays. "Le CD&V n’a pas d’ambition d’être à la tète d’un gouvernement. Et puis, nous sommes conscients que quelle que soit la coalition, nous sommes numériquement, superflus. Si on nous demande de prendre nos responsabilités pour former un gouvernement stable, on le fera, mais à nos conditions. Et il n’est pas question en ce moment de désigner qui que ce soit", précise le ministre de l'Intérieur en affaires courantes.

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Koen Geens (CD&V), potentiel Premier ministre? © Belga

Vers de nouvelles élections fédérales?

Vu l’impasse des discussions au niveau fédéral, certains évoquent un retour aux urnes. Un scénario craint par de nombreuses formations politiques qui y verraient un dispersement des voix vers les extrêmes notamment au Nord du pays où les récents sondages conforteraient le Vlaams Belang. 

Pieter De Crem a été catégorique, ce n’est pas son souhait ni celui de son parti.

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