Pierre-Yves Jeholet : si les commerces ne rouvrent pas, "le risque est bien plus grand"

Le Comité de concertation qui se tient ce vendredi assouplira-t-il ou renforcera-t-il les mesures de confinement ? Qu’en sera-t-il des commerces, des fêtes de fin d’année, de l’Horeca, des écoles, de l’événementiel, du secteur de la culture alors que les chiffres liés à l’épidémie de coronavirus semblent encourageants ?

Ce sera pire que de ne pas les ouvrir

Pour Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et invité de Matin Première ce vendredi, si on ne rouvre pas les commerces non essentiels, "le risque est bien plus grand y compris sur le volet psychologique, économique. Les commerçants, les PME, ils souffrent, ils meurent. Quand on ouvre au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, tous les Belges feront le déplacement pour acheter leurs cadeaux. Ce sera pire que de ne pas les ouvrir" en termes de propagation du coronavirus.

Pierre-Yves Jeholet se déclare toutefois prudent, à quelques heures de la tenue du comité de concertation. "Nous allons faire preuve de prudence. Déconfiner ? On peut déconfiner beaucoup de choses. Aujourd’hui, il y a deux éléments sur la table : la réouverture des commerces en tenant compte des équilibres", à savoir la pression sur les hôpitaux et laisser les écoles ouvertes et permettre la reprise de la vie économique et de la vie sociale.

On doit donner des perspectives aux citoyens

Le baromètre présenté en octobre est enterré. A la place, les autorités souhaitent mettre en place un nouvel outil afin de donner des perspectives aux Belges, comme la France l’a fait récemment en fixant le cap de la mi-janvier. C’est ce que Pedron Facon, le commissaire coronavirus, présente comme une "beheerstrategie", une stratégie de maîtrise. Un outil "essentiel" estime Pierre-Yves Jeholet.

"On l’a vécu dans la première phase et la deuxième du confinement. On a dit : faut tout fermer puis tout déconfiner. La situation appelle à la prudence. Mais on doit donner des perspectives aux citoyens. Ils ont souffert, ils ont été privés de liberté."

Le nouvel outil qui sera mis en place doit permettre de voir clairement dans quelle situation se trouve la Belgique au niveau sanitaire avant de décider. "Je souhaite aussi donner de la perspective à nos concitoyens et aux secteurs qui souffrent."

Rallonger le congé de Carnaval ?

Au niveau de l’enseignement, les écoles sont actuellement en code rouge. Mais qu’en sera-t-il en janvier, février et à l’occasion des vacances de carnaval ? Seront-elles rallongées comme celles de la Toussaint ? "Il faut essayer de moins changer les choses", estime le ministre-président. "La situation s’améliore. Moi, je pense qu’on aura le débat." Mais, "ce sera difficile d’avoir une rentrée à 100%."

"Mon souhait", ajoute Pierre-Yves Jeholet, "est que tous les étudiants puissent avoir des cours en présence physique, c'est terriblement difficile d’avoir cours" à distance.

"On pourrait dire : on ne va plus à l’école", quand il s’agit d’envisager l’année scolaire 2021. "Ça, on peut le programmer. Ici, on a pris une lourde responsabilité", soit faire "le maximum pour que les enfants ne décrochent pas. Si on peut revenir à 100%, je le souhaite et je le défendrai. Je me mets aussi à place des enseignants, des parents, et des étudiants. Chaque chose en son temps. On devra y voir plus clair", au mois de décembre.

Si on allonge le congé de Carnaval, la durée des grandes vacances devra être réduite reconnaît le ministre-président. "Ça c’est clair. Comment on organise les cours fin juin, début juillet, fin août ? On n’en est pas là. Mon avis ? Je préfère garder une semaine au carnaval et modifier le moins possible l’année scolaire."

Ce sont encore les politiques qui décident

Les experts ont joué un rôle important dans la gestion de cette crise. Un rôle trop important ? Le ministre président a critiqué leur influence et le poids qu’ils ont dans la sphère médiatique. "J’ai énormément de respect pour les experts et les scientifiques qui nous accompagnent dans la gestion crise", introduit d’abord Pierre-Yves Jeholet. Mais "j’ai regretté la communication des experts".

Désormais, affirme le ministre-président libéral, "l’heure n’est pas à la querelle entre experts et politiques. Ils ont un rôle qui est de remettre un avis et ce sont encore les politiques qui décident, qui assument les décisions y compris dans un contexte difficile". Il revient au personnel politique "d’assumer ses choix".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK