Pierre-Yves Jeholet (MR): "Sans flexibilité, on ne pourra pas développer l'e-commerce"

Pierre-Yves Jeholet
Pierre-Yves Jeholet - © RTBF

Invité de Matin Première ce jeudi, le vice-président du gouvernement wallon, a répondu aux critiques de la vice-présidente du Setca qui estime que les conditions de travail ont été réduites à néant, notamment à cause de l'élargissement des flexi-jobs et du travail de nuit. Et toujours selon Myriam Delmée, cela a des répercussions sur le secteur de la distribution. 

Mais le ministre wallon en charge de l'Emploi, de l'Économie et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet, "n'adhère pas" à ces propos. 

Pour lui , "on n'arrête pas de dire qu'on est à la traîne dans l'e-commerce, notamment par rapport aux Pays-Bas. Et quelle est la cause du fait que l'on est à la traîne ? C'est qu'il y a une flexibilité beaucoup plus grande aux Pays-Bas. Et donc si on n'a pas cette flexibilité, on ne pourra pas développer l'e-commerce. Et donc, le secteur du commerce, le secteur de la distribution, perdent des parts de marché"

Autrement dit, l'avenir pour Pierre-Yves Jeholet, ce sont les flexi-jobs. "Et cela marche beaucoup mieux en Flandre, je le regrette, qu'en Wallonie".

Mais "attention aux déclarations tapageuses", dit-il. "Je l'ai dit, et en Wallonie en particulier, moi, je suis pour le dialogue social parce qu'on a besoin de paix social. C'est ce que j'entends tous les jours de la part des  entrepreneurs, des industries".  

Recaser les employés de chez Carrefour, c'est possible, "la conjoncture est bonne"

Concernant, les 1233 emplois menacés chez Carrefour, le ministre libéral rappelle qu'il s'agit de pertes d'emploi "potentielles" et qu'"il faut tout faire pour limiter ces pertes d'emploi". D'ailleurs, "l'intention du groupe est toujours bien d'investir et de se développer en Belgique", déclare-t-il.

Quant à ceux qui en feront réellement les frais, il faut tout faire pour les "remettre au travail". Ce qui sera plus facile aujourd'hui vu la bonne conjoncture économique. D'ailleurs, "rien que dans le secteur du commerce et de la distribution, il y a des centaines et des centaine d'emplois vacants", affirme Pierre-Yves Jeholet donnant en exemple l'annonce de Lidl qui recherche 1500 collaborateurs pour ces trois prochaines années.

"Je ne dis pas que c'est simple, mais il faut se dire que les opportunités sur le marché du travail, y compris dans le secteur, sont importantes", précise-t-il.

"Il faut plus de réactivité du Forem"

Pour parvenir à remédier à ces pertes d'emploi, le ministre régional affirme "compter beaucoup sur le Forem". Un Forem avec lequel il n'a pourtant pas été tendre il y a quelques mois et qui aujourd'hui semble se transformer : "Je vois régulièrement l'administratrice générale (du Forem, ndlr) qui déclarait, il y a quelques jours, qu'avec le changement de tutelle et de ministre, les mentalités évoluaient au Forem, et qu'elle souhaitait faire évoluer les mentalités".  

De manière générale, Pierre-Yves Jeholet veut du changement non seulement pour les employés de Carrefour qui vont se retrouver sur le carreau mais aussi pour "tous les demandeurs d'emploi"

"Ce qu'on demande au niveau du Forem, c'est plus d'agilité, plus de réactivité, plus de matching entre l'offre et la demande, plus de contact avec les entreprises. On ne peut pas sans cesse dire qu'on a un taux de chômage beaucoup plus élevé, le double de la Flandre, avec des entrepreneurs qui n'arrêtent pas de dire : 'On est prêt à engager demain'. Le marché du travail  aujourd'hui est beaucoup plus positif qu'hier. Et donc, on doit pouvoir répondre à ces préoccupations".

"Je souhaite aussi impliquer les entrepreneurs"

Si le ministre se dit en faveur de l'incitant financier pour motiver les gens à se réorienter vers des métiers en pénurie, il souhaite aussi "impliquer les entrepreneurs qui disent : 'On est prêt à engager'". Il faut, dit-il, "à côté de la prime, avoir une promesse d'un entretien d'embauche pour qu'il y ait un emploi, un travail à la clé".

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