Pierre-Yves Dermagne (PS) à propos du télétravail : "le secteur public se doit de montrer l’exemple"

Qui ne respecte pas le télétravail ? Les bouchons en sont une illustration : les Belges circulent encore énormément et se rendent sur leur lieu travail. Pourtant, des contrôles renforcés étaient annoncés. Où est le problème ?

Le ministre de l’Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne avait appelé l’inspection du travail à intensifier les contrôles "télétravail". Il était l’invité de "Matin Première."

Selon lui, des inspections ont bien eu lieu dans les entreprises. "Il y a énormément de contrôles qui sont effectués depuis le début de la pandémie. On est à plus de 23.000 contrôles sur le lieu de travail pour vérifier le respect des règles sanitaires pour ceux qui ne peuvent pas travailler. Il faut que celles et ceux qui doivent se rendre sur leur lieu de travail, puissent le faire dans des conditions sanitaires tout à fait optimales."

Mais en plus de vérifier l’hygiène, les services d’inspection ont dû contrôler le respect du télétravail. "Il a en effet été rendu obligatoire par une précédente décision du comité de concertation. C’est quelque chose qui est plus compliqué à contrôler sur le terrain puisqu’on doit identifier si la fonction ou le poste est 'télétravaillable'. Et si oui, dans quelles conditions ? Est-ce que le travailleur peut ou doit, à certains moments, retourner dans l’entreprise ou dans le service public pour effectuer certaines tâches ?"

Il y a une forme de détresse dans le chef des travailleurs et des travailleuses qui, pour certains, sont en télétravail depuis le mois de mars sans discontinuer

Aujourd’hui, près de la moitié des employeurs estiment que le télétravail dans sa forme actuelle a un impact négatif sur la productivité de leurs employés, ce que comprend Pierre-Yves Dermagne. "Il y a une forme de détresse dans le chef des travailleurs et des travailleuses qui, pour certains, sont en télétravail depuis le mois de mars sans discontinuer. Ces gens-là ont la volonté de pouvoir retourner sur le lieu de travail, d’avoir des contacts avec leurs collègues et pouvoir simplement changer de lieu."


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Mais vu la nouvelle augmentation des chiffres, le ministre encourage les Belges à tenir. "On relance une campagne de communication à destination des employeurs, aussi bien privés que publics. Parce que je pense qu’on doit montrer l’exemple au niveau des administrations fédérales singulièrement. On se doit de montrer l’exemple."

Si aujourd’hui les inspections débouchent sur des avertissements, le ministre a également prévenu que des sanctions sont prévues dès le mois de janvier.

Pas question non plus pour les entreprises d’organiser des évènements de fin d’année. "On organise traditionnellement des fêtes, des repas sur les lieux de travail. C’est clairement interdit et on veillera à ce que ce soit respecté. Mais j’en appelle vraiment chacune et chacun au bon sens et au civisme. C’est de ne pas tenir ces réceptions ou ces fêtes. Il y en a beaucoup et la grande majorité ont été annulées. J’espère que dans les prochaines heures et les prochains jours, on ne sera pas confronté à des fêtes au boulot clandestines."

Une nouvelle fermeture des magasins ?

"Les 15 jours de vacances de Noël sont essentiels pour que la situation ne dérape pas" ajoute le ministre de l’Economie et du Travail. "Aujourd’hui, la situation est toujours sous contrôle, mais on est vraiment à une limite ou à un tournant. Et donc, nos comportements seront déterminants par rapport à l’évolution de la situation. Et si on ne veut pas fermer à nouveau les magasins et limiter les déplacements, il faut que chacune et chacun respecte les règles actuelles."

Les soldes qui démarreront le 4 janvier prochain sont-elles menacées ? "Pour l’instant, il n’est pas question de reporter les soldes. Elles ont été maintenues et confirmées la date du 4 janvier. Mais je le répète, tout dépendra de la situation sanitaire."

On s’est engagé auprès des métiers de contact qu’ils feraient partie des premiers groupes à pouvoir bénéficier de mesures d’assouplissement

Durement touchés par des fermetures sans fin, les métiers de contact ne voient toujours pas le bout du tunnel. "J’espère qu’on puisse, pouvoir assouplir certaines mesures dans quelques semaines et pouvoir rouvrir certains secteurs. Je pense notamment aux métiers de contact. On s’est engagé, on leur a dit qu’ils feraient partie des premiers groupes à pouvoir bénéficier de mesures d’assouplissement."

Durant ces confinements, certains secteurs ne se sont pas sentis aidés, ce que comprend le ministre. "On a vu certaines catégories socioprofessionnelles ne pas être suffisamment soutenues, avoir vraiment des difficultés à pouvoir obtenir un soutien et des aides. Et donc, la proposition qui a été adoptée hier de revoir le droit passerelle et de le simplifier tient compte notamment de ces constats et du fait que l’on a vu que certaines catégories socio professionnelles n’étaient pas suffisamment soutenues."

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