Pierre Verjans, politologue: la N-VA menace "parce qu'elle ne parvient pas à obtenir ses propres objectifs"

 Selon Pierre Verjans, politologue à l’université de Liège, il s'agit sans doute d'une dramatisation, car la N-VA n’obtient pas ce qu’elle veut, pour l’instant.
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Selon Pierre Verjans, politologue à l’université de Liège, il s'agit sans doute d'une dramatisation, car la N-VA n’obtient pas ce qu’elle veut, pour l’instant. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a menacé de quitter le gouvernement avec son parti en cas de démission du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken. Alors, cette sortie de Bart De Wever pourrait-elle provoquer une crise politique?

Il faut d’abord voir le contexte, la déclaration. Bart De Wever présentait ces vœux ce dimanche et il était entouré de sympathisants N-VA. Il a donc tenu son rôle de président de la N-VA, qui soutient un de ses membres. Selon Pierre Verjans, politologue à l’université de Liège, il s'agit sans doute d'une dramatisation, car la N-VA n’obtient pas ce qu’elle veut, pour l’instant.

"C’est plus probablement une dramatisation, une façon de montrer que la N-VA ne veut pas reculer, explique-t-il. Il ne faut pas oublier non plus que les menaces de la N-VA tant sur le pacte énergétique qu’ici dans le domaine de la protection de Theo Francken, en quelque sorte, sont des menaces parce que la N-VA ne parvient pas à obtenir ses propres objectifs dans le gouvernement. Et donc, la N-VA est obligée de montrer qu’elle est forte quand même et qu’elle peut empêcher les autres de faire ce qu’ils veulent simplement parce qu’elle-même est menacée".

Le MR est quand même le parti faible de ce gouvernement

En fait, ce sont les quatre partis du gouvernement fédéral qui n’arrivent pas à faire passer certains projets et qui tentent alors de bloquer ceux des autres. C’est l’impuissance pour l’instant. Cela se remarque aussi du côté du seul parti francophone de la coalition, le MR: "Le MR est finalement, malgré la position du Premier ministre, quand même le parti faible de ce gouvernement parce que le MR est obligé d’accepter sa position francophone, c’est-à-dire qu’il est dans une position privilégiée, mais en même temps il n’a pas énormément de postes très importants, analyse Pierre Verjans. Il a évidemment les affaires étrangères, mais pour le reste, le MR est à beaucoup de moments obligé de faire avec ce que les partis flamands acceptent".

On assiste donc là à un jeu très serré où certains partis fréquentent davantage que d’autres les salles de musculation.

 

Extrait du JT 13h avec directs et réactions politiques

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