Pierre Frédéric Nyst: "On nous tend de l'argent dans une main pour le reprendre de l'autre"

Pierre Frédéric Nyst, président de l'Union des Classes Moyennes (UCM).
Pierre Frédéric Nyst, président de l'Union des Classes Moyennes (UCM). - © Tous droits réservés

Pierre Frédéric Nyst, président de l'UCM, l'organisation représentative des indépendants et PME francophones, était au micro de Matin Première mardi. En plus des soldes d'hiver et du pouvoir d'achat censé augmenter, il a également abordé l'impôt des sociétés et la fameuse réforme fédérale entrée en vigueur le 1er janvier.

"On peut souhaiter beaucoup de choses en ce début d'année pour les indépendants et les PME", affirme leur représentant. Par exemple, un bon écoulement des stocks lors des soldes qui commencent mercredi 3 janvier. S'ils sont annoncés comme importants, les commerçants auront pour défi de ne pas trop faire de perte sur ce qu'ils bradent.

L'occasion également de se poser la question, de plus en plus fondamentale, de la digitalisation des entreprises. Nos PME belges sont-elles suffisamment armées face à l'e-commerce? Sont-elles prêtes à prendre ce tournant? "Nous incitons les commerçants à faire le pas vers la digitalisation, mais ils sont peut-être trop peu armés. Les grandes chaines sont beaucoup plus à l'aise", tranche Pierre Frédéric Nyst.  

Réforme fiscale: gagnants ou perdants?

En ce début d'année 2018, de nouvelles mesures commencent à être adoptées. Avec elles, de nouveaux défis et la confiance des indépendants et des PME à gagner. "Pour l'instant, celle-ci est mitigée. Le gouvernement fédéral a pris des mesures très favorables vis-à-vis des PME comme l'exonération à vie des cotisations patronales pour le premier emploi. Par contre, en fin d'année il y a eu la réforme d'impôts sur les sociétés et là on est un peu resté sur notre faim".

Le représentant des indépendants et des PME ne cache pas sa perplexité quant à cette fameuse réforme. Présentée comme un cadeau fait par le gouvernement fédéral aux entreprises, il n'est pas perçu de la même façon par les principaux concernés. Et pour cause : s'il est vrai que la taxation des revenus passe de 34% à 20%, les mesures compensatoires qui accompagnent cette diminution ne font pas l'unanimité. "On nous tend de l'argent dans une main pour le reprendre de l'autre. On en vient à se demander si on a bien fait d'accepter cette réduction". 

C'est tout à fait imbuvable

Pierre Frédéric Nyst illustre ses propos avec l'exemple de rémunération minimum des dirigeants d'entreprises. En effet, avec la nouvelle réforme, ceux-ci sont obligés de gagner 45.000€ par an. Un obstacle pour la plupart des chefs des PME bruxelloises et wallonnes quand on sait que le revenu médian est de l'ordre des 30.000€ annuellement. Pire, si vous n'avez pas ce niveau de cotisation, il vous faudra payer une pénalité "c'est tout à fait imbuvable !"s'insurge monsieur Nyst.

Au total, l'UCM aura demandé trois corrections à cette réforme fiscale et n'en a obtenu aucune.

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