Philippe Moureaux: ce qui s'est passé à Anvers, "c'est l'alerte rouge"

"Cela m'a fait un peu froid dans le dos et je crois que c'est là que les évènements les plus importants ont eu lieu", répond Philippe Moureaux quand Johanne Montay lui demande ce qu'il a ressenti lors de "la marche de Bart De Wever à Anvers".

En tout état de cause, Philippe Moureaux estime qu'"il ne faut pas minimiser" la victoire de la N-VA en Flandre, comme l'a fait Elio Di Rupo. "C'est l'alerte rouge", dit-il, car pour le bourgmestre sortant de Molenbeek, "la Belgique est vraiment menacée dans sa solidarité sur le plan social".

Quant à savoir s'il craint la fin de la Belgique pour 2014, il déclare : "La fin, en tout cas, d'un système social qui soit égalitaire entre tous les Belges", ce qui serait "tout à fait dramatique".

Que doivent faire les francophones ?

Pour éviter ce cas de figure, Philippe Moureaux appelle les francophones à "sortir de leurs querelles post-électorales" mais aussi d'"essayer de réaliser ce qu'ils ont négocié avec les partis flamands mais aussi se préparer et ne pas y aller en ordre dispersé", a-t-il dit, tout en décochant un droite à Didier Reynders qui, selon lui, se voit déjà à la tête d'"un gouvernement De Wever - Reynders", ce qui serait "un cauchemar pour la Belgique". Et d'ajouter : "Il se voit beaucoup de choses depuis qu'il a quitté la présidence du parti. Il a encore des ailes qui ont grandi".

Quant à l'attribution d'un poste d'échevin des affaires flamandes à Alost par la N-VA, il parle de "surréalisme", "une caractéristique sympathique de la Belgique", ajoute-t-il avant de conclure sur le sujet par ceci : "Il n'y a pas une fatalité même s'il y a un risque énorme", "il faut regarder le réel, y faire face et s'y préparer".

"Il n'y a pas de votes ethniques"

Concernant Saint-Josse, Philippe Moureaux s'est dit "choqué" par les propos tenus par le bourgmestre socialiste sortant de la commune qui a déclaré, en d'autres mots, sur nos antennes que si Emir Kir a remporté plus de voix préférentielles que lui c'est grâce aux votes ethniques.

"Je regrette ces paroles. Moi, je fais quasi 6000 voix à Molenbeek dont une grande partie vient...heu...de toute la population, y compris la population étrangère. Je pense qu'il faut pouvoir simplement avoir une attitude qui vous rapproche de ces populations", a-t-il dit.

Et d'ajouter : "Cela me choque car cela distille un discours qui pourrait aller jusqu'au rejet de l'autre". Avant de conclure : "Il n'y a pas de vote ethnique (...) Il y en a eu naguère un peu. Maintenant, c'est totalement fini. D'ailleurs il y a des candidats d'origine étrangère, comme on les appelle mais qui sont des Belges comme les autres, qui entre eux, ont une sorte de match donc tout cela fait partie des rêves ou des cauchemars de certains".

Quant à savoir s'il y a un problème de communication au sein du parti socialiste, il déclare : "Je pense qu'il y a eu un problème de ce côté-là, je ne vais pas le nier, mais je pense qu'il faut tourner la page". Il n'en dira pas davantage.

 

C. Biourge

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