Philippe Maystadt: limiter l'indexation des salaires à une par an maximum

Philippe Maystadt, invité du Grand Oral ce samedi
Philippe Maystadt, invité du Grand Oral ce samedi - © RTBF

C’est Philippe Maystadt qui était l’invité du Grand Oral La Première - Le Soir ce samedi en radio. L’occasion de revenir notamment sur les négociations budgétaires fédérales en cours et sur l’idée qui circule d’un saut d’index. Pour l’ancien ministre (PSC) des Finances "il faut prendre des précautions pour le cas où l’inflation cesserait d’être modérée. Annoncer (comme au Grand-Duché de Luxembourg) que de toute façon il n’y aurait plus qu’une seule indexation par an, je pense que ce serait un signal utile".

Faut-il revoir plus largement le mécanisme de l’indexation ? Philippe Maystadt en défend le principe mais propose de revoir certaines modalités : "Le système dans ses modalités actuelles accroît les inégalités, on donne plus à ceux qui ont déjà plus (…) il faudrait qu’on puisse moduler pour éviter ces effets un peu pervers du système actuel". Quant à l’idée d’augmenter la TVA (de 21 à 22%) "on peut comprendre - si c’est nécessaire - qu’il y ait une augmentation du taux plus élevé de TVA. Mais il ne faut pas toucher au taux réduit qui concerne les produits de première nécessité", dit-il.

Revoir le rythme d’assainissement budgétaire

Philippe Maystadt est également revenu sur ses propos concernant une révision possible de la trajectoire d’assainissement budgétaire en Europe : "Quand on voit l’ensemble de la zone euro à la récession, il me semble qu’il est légitime de s’interroger sur le rythme de l’assainissement budgétaire". Qu’en penseront les marchés ? "Ils comprendront très bien le raisonnement, ils ne souhaitent pas que les pays s’enfoncent dans la récession", répond-il.

Et de plaider pour une autorité supranationale chargée d’examiner les mesures structurelles prise par les Etats : "Une autorité, probablement la Commission européenne, qui ait davantage de pouvoir pour veiller à ce que l’ensemble des pays de la zone euro jouent le jeu (…) ; mais la contrepartie indispensable c’est le renforcement du contrôle démocratique". Il faut, pour Philippe Maystadt, lancer des ponts entre les parlements nationaux et Bruxelles.

Dexia : la moins mauvaise solution

Enfin sur le dossier Dexia, celui qui a été aussi le président de la BEI (Banque Européenne d’Investissement) pense que l’accord trouvé cette semaine avec l’Etat français pour la recapitalisation de Dexia "est la moins mauvaise solution" pour la Belgique. Pour Philippe Maystadt ce dossier met surtout en lumière la nécessité d’un superviseur bancaire au niveau européen "mais aussi la nécessité d’avoir un mécanisme européen de solidarité pour résoudre les crises bancaires (…)".

A. Ruyssen

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