Philippe Mahoux juge "curieux" le nombre des fuites à la Sûreté

Philippe Mahoux juge "curieux" le nombre des fuites à la Sûreté
2 images
Philippe Mahoux juge "curieux" le nombre des fuites à la Sûreté - © Tous droits réservés

Membre de la commission parlementaire de contrôle des services de renseignements, le sénateur socialiste Philippe Mahoux revient sur le débat autour du rôle et du fonctionnement de la Sûreté de l'Etat. Prudent, il se refuse à envisager la disparition l'institution et juge "curieux" le nombre de dossiers récemment sortis qui déstabilisent l'organe de renseignements. Il était au micro de Matin première.

Inutile la Sûreté de l’Etat, comme le jugent certains parlementaires? "Si on veut remplacer la Sûreté, il faut la remplacer par quelque-chose", entame le sénateur socialiste qui réagit ainsi, notamment, aux propos de son collègue Philippe Moureaux. "Il y a une Sûreté qui existe, tout le travail qui a été fait jusque maintenant est de la faire contrôler par un organe qui s’appelle le Comité R constitué de trois personnes totalement indépendantes, lui-même contrôlé par une commission de parlementaires", précise Philippe Mahoux. Un contrôle de l’efficacité mais également –et surtout- un contrôle de la légalité des actes posés, explique-t-il. Il s’agit donc de vérifier si les moyens utilisés sont compatibles avec la démocratie.

Car l’éthique et le renseignement ne peuvent pas être contradictoires, prétend-t-il. "Il est fondamental évidemment que le travail réalisé par les services de renseignements le soient dans un cadre démocratique, c’est-à-dire dans un cadre contrôlé (…) où la liberté des citoyens est garantie".

Pourquoi pas le parquet ?

Mais pourquoi ne pas confier certaines missions de surveillance au parquet ? "Si une méthode est efficace en termes de prévention d’une menace (…) après tout pourquoi pas ?" répond le sénateur. "Mais je constate que les mêmes remarques sont faites par rapport au parquet fédéral tel qu’il fonctionne maintenant que celles qui sont faites par rapport aux services de renseignements". Mais attention prévient-il, si c’est le parquet qui mène la danse, cela signifierait "que le processus judiciaire est entamé chaque fois qu’une structure s’intéresse à une menace".

Des scouts améliorés

"Des scouts améliorés qui travaillent sur des rumeurs et qui jouent à des sortes de petits jeux" : telle est la vision de la Sûreté selon Philippe Moureaux. Son camarade de parti botte en touche : "C’est une appréciation qui date peut-être. Je pense que la mise en place du comité R a eu pour effet que des audits ont été réalisés par rapport aux services de renseignements".

Philippe Mahoux juge d'ailleurs "curieux" que trois évènements successifs se soient retrouvés dans la presse en un mois et demi. "Il faut rappeler quand même que les fuites sont incriminables", souligne-t-il. "Ce n’est quand même pas fréquent que sur deux rapports successifs, toute une série de noms de responsables politiques apparaissent".

Une taupe au Vlaams Belang

Concernant l’affaire Debie, Philippe Mahoux reste prudent. "Tout ça vient d’être révélé. Si je veux faire mon travail correctement je vais charger le comité R d’enquêter par rapport à cette situation particulière".

"La structure finalement est une structure probablement la meilleure qui puisse exister sur le plan européen, maintenant qu’il y ait des choses qui échappent ça c’est toujours possible", conclut Philippe Mahoux.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK