Philippe Lamberts: "Les politiques européennes nous mènent dans le mur"

Philippe Lamberts: "Les politiques européennes nous mènent dans le mur"
Philippe Lamberts: "Les politiques européennes nous mènent dans le mur" - © Tous droits réservés

Elu tête de liste Ecolo pour les prochaines élections européennes de 2014, Philippe Lamberts a déclaré, dans Matin Première, qu'il était temps de "mettre en route la transition vers un système assez différent de ce que nous connaissons aujourd'hui". Une transition qui doit de faire, de préférence, au niveau européen et sans le Traité budgétaire.

"Si on veut vraiment résoudre les défis qui sont les nôtres aujourd'hui, à savoir éteindre la bombe des inégalités qui est en train de nous exploser à la figure et celle de notre empreinte écologique, et bien il ne nous faut pas simplement des corrections de parcours à la marge, il nous faut clairement mettre en route la transition vers un système assez différent de ce que nous connaissons aujourd'hui", a-t-il ainsi affirmé.

Pour lui c'est clair, la Belgique ne doit pas ratifier le Traité budgétaire européen. "Regardez où nous mènent les politiques menées partout en Europe. La dette publique augmente, elle ne diminue pas. Ces recettes-là aggravent le problème et en même temps, la dette sociale (les inégalités, notre empreinte écologique) n'arrête pas d'exploser. Si on veut graver dans le marbre d'un traité international des politiques qui nous mènent dans le mur, je pense que ce n'est peut-être pas la meilleure chose à faire".

Une réforme du secteur bancaire "indéniable"

Pour Philippe Lamberts, la réforme du secteur bancaire se fait attendre. Annoncée pour la fin du mois de septembre en Belgique, il ne voit toujours rien venir et espère qu'il ne s'agit pas d'un simple "effet d'annonce".

Mais si l'Ecolo trouve que cette réforme est "indéniable", il estime que c'est "indispensable de le faire au niveau européen" : "Nous avons un marché unique, en principe intégré qui est en train de se désintégrer. Je pense qu'il n'est pas sain d'avoir 28 marchés financiers nationaux. Je pense qu'il faut plutôt préserver l'intégrité du marché européen et pour cela, il nous faut des règles communes au niveau européen. De ce point de vue les similis lois bancaires que les Français, les Allemands ont mis en place sont plutôt inutiles, d'autant plus qu'en réalité elles ne séparent rien du tout. J'espère que la Belgique ne va pas suivre ces deux pays sur la voie d'un exercice plutôt de communication que de résolution du problème. Maintenant, c'est vrai que le texte européen n'est toujours pas là".

La situation trop "confortable" des banques

Quant à savoir si cette réforme du secteur bancaire est un suicide pour les banques belges, il répond : "C'est vraiment du grand n'importe quoi ! Nous avons connu un régime de séparation des métiers bancaires aux Etats-Unis et dans beaucoup de pays d'Europe pendant 60 ans et je pense que nous avions une économie qui fonctionnait à l'époque".

L'écologiste parle "d'intoxication" : "C'est clair qu'aujourd’hui les grandes banques systémiques n'ont pas envie qu'on les oblige à séparer leurs métiers, tout simplement parce qu'aujourd'hui, grosso modo pour faire simple, elles peuvent aller jouer au casino avec la garantie que pile elles gagnent et face, le contribuable paie. C'est évidemment une situation extrêmement confortable et personne n'a envie de sortir d'un fauteuil très confortable et qui rapporte beaucoup".

Un profil plus radical ?

Philippe Lamberts est-il plus radical, plus à gauche qu'Isabelle Durant dont il reprend le flambeau ? Voilà sa réponse : "C’est aujourd'hui une lecture très aiguë du réel qui nous oblige à présenter des solutions radicales. Et radical, je vous le rappelle, cela veut dire aller à la racine des choses". Et il précise : "Ce qui ne veut pas dire que nous n'avons pas des solutions réalistes".

C. Biourge

L'intégralité de cette interview en cliquant ici.

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