Philippe Lamberts (eurodéputé Ecolo): "Pour dialoguer avec la société civile, pas besoin d'un club comme E-change"

Eurodéputé écologiste, co-président du groupe Les Verts / ALE au parlement européen, Philippe Lamberts est ce samedi 10 mars l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Il commente la dernière crise alimentaire liée à la fraude constatée chez Veviba, le résultat des élections législatives en Italie et aussi l’émergence du nouveau mouvement politique E-change.

"J’ai de moins en moins confiance dans ce qui est servi dans mon assiette", commente le député européen.

Les circuits courts d’abord

"Ce qui m’inquiète, c’est le temps qui semble s’être écoulé avant de tomber sur le dos de l’entreprise concernée. L’impression que me donne parfois l’AFSCA (NDLR / Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire), c’est de tomber à bras raccourcis sur les petits exploitants ou artisans alors que des gros passent au travers des mailles du filet. Il faut remettre la priorité sur une transformation de nos systèmes agro-industriels qui privilégieraient les circuits courts."

Où sont les Verts italiens ?

Une semaine après les élections législatives du 4 mars en Italie, Philippe Lamberts constate : "Les Verts italiens ne se sont jamais remis de leurs premières participations gouvernementales sous Prodi et Amato et ils ont perdu toute pertinence. Le mouvement 5 étoiles a d’ailleurs repris beaucoup des thèmes de l’écologie politique. Je me désole de cette absence d’expression écologiste crédible, mais on y travaille."

La responsabilité des Européens

Quelle est la responsabilité des Européens dans ce résultat ? "L’Union européenne doit s’interroger. L’Italie a un taux de personnes qui présentent un risque d’exclusion sociale de 30 pourcents, le taux de chômage des jeunes est de 35 pourcents, ce qui est étonnant c’est que ce ne soit pas arrivé plus tôt !", s’étonne l’eurodéputé écologiste.

"L’Italie souffre d’une union monétaire qui objectivement la défavorise. La valeur de l’euro est bcp trop élevée, ce qui aggrave la situation. Enfin, l’Europe lui a tourné le dos concernant la problématique migratoire. Il faut en finir avec le système de Dublin qui veut que les Etats qui sont les premiers sur la route des migrants soient responsables du traitement de leur demande d’asile, quand il y en a une."

La guerre du commerce

Le président américain Donald Trump a confirmé l’imposition de taxes sur les importations d’aluminium et d’acier aux Etats-Unis. Comment doit réagir l’Union européenne ? "Si Trump n’a pas notifié sa décision à l’OMC, nous sommes autorisés à prendre des mesures de rétorsion illico. S’il l’a fait, il y a des procédures à suivre avant de prendre des mesures de rétorsion. L’Europe doit faire attention à ne pas détruire ce qui reste d’une approche multilatérale du commerce international", avertit Philippe Lamberts.

E-change, "pas ma tasse de thé"

Membre d’Ecolo, Philippe Lamberts réagit enfin à la constitution du nouveau mouvement politique E-change, dont fait partie Jean-Michel Javaux, bourgmestre écologiste d’Amay et ancien co-président du parti. "E-change, ce n’est pas ma tasse de thé", répond Philippe Lamberts.

"Je me trouve bien chez Ecolo où je passe un temps considérable à interagir avec la société civile. Pour dialoguer avec elle, il n’y a pas besoin de créer un club. Je le fais là d’où je suis en tant que responsable politique. Moi, je ne demande pas à des membres de la société civile d’entrer dans mon club pour dialoguer."

La constitution d’un think-tank par des personnalités et des citoyens ne constitue-t-elle pas pour autant un projet intéressant ? "Ils sont libres de s’organiser et de se rencontrer", répond Philippe Lamberts. "Mais quand on mélange des représentants politiques en exercice et des citoyens, est-ce qu’on parle encore de l’expression d’un mouvement citoyen ou est-ce qu’on parle d’autre chose? La seule suite logique, c’est que ça devienne un parti."

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