Philippe Lamberts (Ecolo) sur Extinction Rebellion : "Sans désobéissance civile, on n'y arrivera pas"

Philippe Lamberts était l’invité de Matin Première ce vendredi 18 octobre. Le député européen Ecolo a notamment réagi à la manifestation menée par des membres du mouvement Extinction Rebellion le week-end dernier à Bruxelles. "C’est depuis les années soixante qu’on sait qu’on a un problème avec le réchauffement climatique. Nous sommes presque en 2020 et l’humanité n’a toujours pas pris le virage. La maison est en feu. Clairement, sans pression maximale de la population, les choses ne vont pas avancer. Sans désobéissance civile, je pense qu’on n’y arrivera pas."

Et de rappeler, en citant en exemple la mobilisation sur le plateau du Larzac, en France, dans les années septante : "C’est une grande tradition des verts. Beaucoup de choses ont été arrêtées par de la désobéissance civile non violente. La répression violente est complètement disproportionnée et n’est pas de saison."


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Un accord en forme de "Déjà vu"

Mais le sujet du moment au niveau européen, c’est le projet d'accord passé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni ce jeudi. Un projet qui doit encore être soumis au vote à la Chambre des communes ce samedi et au Parlement européen.

"C’est du déjà-vu, rappelle Philippe Lamberts. Il y a six mois, nous avons passé un accord entre les 27 et Theresa May, mais cet accord n’a pas passé la rampe à Westminster. C’est une variante de l’accord avec Theresa May. Pour régler le problème nord-irlandais, soit on a une solution qui couvre tout le Royaume-Uni, soit une solution restreinte à l’Irlande du Nord. C’était pour tout le Royaume-Uni avec Theresa May, c’est juste pour l’Irlande du Nord avec Boris Johnson."

L’accord de cette semaine pourrait bien subir le même sort. "Boris Johnson ne s’est pas fait que des amis dans son Parlement. Est-ce que les gens vont vouloir lui renvoyer l’ascenseur et lui donner une majorité ? J’en doute. […] Pour atteindre une majorité, il doit faire l’unité dans son camp, avoir l’intégralité des députés conservateurs qui votent pour l’accord. Ce n’est pas garanti. Les unionistes irlandais disent qu’ils ne votent pas l’accord en l’état. Mais on ne va plus le modifier."

Et après le 31 octobre ?

Même si le texte est approuvé par les députés britanniques, il restera encore une étape dans la longue marche du Brexit : la négociation de la future relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. "Dans un premier temps, on est dans une période de transition qui, en principe, dure jusqu’à fin 2020. […] Tout ça dépendra de la bonne volonté du gouvernement du Royaume-Uni. Boris Johnson veut un accès maximum au marché européen sans s’aligner aux règles de ce marché", note l'eurodéputé.

Si le Brexit est officiellement prononcé le 31 octobre, la seule différence notable sera le départ des députés européens britanniques. Ensuite… tout est possible. Y compris un nouveau référendum pendant lequel les citoyens britanniques auraient à se prononcer sur le fameux accord présenté ce jeudi.


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