Philippe Henry : "RER : d’ici 2026 vous aurez des trains tous les quarts d’heure"

"Entre Ottignies et Bruxelles, vous aurez d’ici 2025 des trains qui s’arrêtent dans toutes les gares, tous les trains S ; d’ici 2026 vous aurez des trains tous les quarts d’heure, cela devient vraiment la concrétisation du RER".

Le ton est affirmatif, les dates précises, Philippe Henry, le ministre wallon de l’Energie, du Climat et de la Mobilité, invité de Matin Première ce vendredi matin, le souligne : la conjonction du plan de relance et des plans fédéraux déjà en cours permettent d’envisager une vraie mise sur les rails du RER, cette Arlésienne dont on parle depuis des années sans jamais en avoir vu la concrétisation.

Il y a un vrai planning qui se confirme avec Infrabel

"Il y a un vrai planning qui se confirme avec Infrabel, avec les autorités fédérales, le budget est disponible pour l’ensemble des travaux, la planification pour 2025, 2026 va se faire".

Mais comment être sûr que cette fois, c’est la bonne ? Parce que la conjonction entre les ambitions régionales, fédérales, européennes mais aussi globales, mondiale est avérée, selon le ministre Henry : "aujourd’hui, il est devenu évident qu’on devait aller vers la décarbonation, vers des changements dans les modes de transport, dans d’autres domaines également et donc de ce point de vue là, l’accès aux grandes villes en transports en commun c’est une priorité absolue, dans toute l’Europe, dans le monde entier, c’est un incontournable".

Tensions autour du plan de relance : on s’en tiendra aux compromis

Poursuivant sur cette manne financière européenne, le plan de relance de 5,925 milliards d’euros dévolus à Belgique, qui a suscité des tensions et une insatisfaction notable de ses collègues écolos bruxellois, Philippe Henry tient un discours pragmatique et conciliant : des négociations ont eu lieu, qui ont débouché sur des compromis, il faut à présent s’y tenir.

Rénovation des bâtiments : on avance

On définit, on accélère, la rénovation des bâtiments va elle aussi, promet Philippe Henry, prendre une autre dimension : "au niveau isolation des bâtiments, la situation est très mauvaise. Pour 2050, il s’agit d’arriver à un label A, c’est-à-dire très bien isolés, il faut donc marquer le coup. Actuellement, on ne rénove qu’1% de bâtiments par an en Wallonie".

Et tout le monde sera concerné : il y a les bâtiments scolaires – "j’ai pu libérer il y a peu 50 millions d’euros pour ceux-ci" -, et il y aura d’autres bâtiments publics que les écoles. "Et puis il y a le logement, le logement social où là il y a un plan mené par mon collègue du logement Collignon au travers des sociétés de logement, et tous les bâtiments privés, maisons et immeubles à appartements où là il faut miser sur à la fois sur la mobilisation des citoyens, du secteur économique, et construire des outils nouveaux".

Ici aussi, Philippe Henry précise qu’on va amplifier ce qui existe déjà et simplifier : par exemple, "en faisant des opérations d’ensemble, rénovant tout un quartier simultanément". Mais avec une condition, également, que cette rénovation soit en profondeur "pour éviter que dans dix ans on se dise on aurait pu aller plus loin, mais on ne va pas le refaire une deuxième fois".

Taxe kilométrique : pas en Wallonie en tout cas

La taxe kilométrique, voulue par ses collègues bruxellois, et qui a suscité des crispations, est au stade de la concertation : l’impact pour les Wallons est problématique tel qu’envisagé à ce stade-ci ; voilà pourquoi une concertation s’impose et d’autre part, l’ambition est aussi de faire en sorte que les navetteurs utilisent d’autres moyens de transport que la voiture pour venir travailler à Bruxelles.

Un enterrement de première classe, pour cette législature, comme l’a signifié le président du PS ? "Ce qui compte, c’est la concertation et qu’on évolue". Quoi qu’il en soit, côté wallon, l’idée d’une taxe kilométrique régionale n’est pas à l’ordre du jour : on penche plutôt pour la réforme de la taxe de mise en circulation sur base de la pollution et de la puissance des véhicules.

Climat : passer des objectifs aux obligations

La Commission nationale climat, l’organe qui sert de concertation pour les objectifs climatiques au niveau belge sera présidée par Philippe Henry toute cette année, les objectifs sont certes ambitieux, mais il faut à présent passer aux obligations, en vue de la Conférence sur le climat de Glasgow de novembre 2021. "Au niveau wallon, un objectif de réduction de 55% des gaz à effet de serre à l’objectif 2030 a été défini. Une concertation citoyenne est planifiée, ainsi qu’avec les différents secteurs Mais il faudra négocier en intrabelge, il faudra répartir les obligations européennes sur tout le pays…"

De belles négociations en perspective.

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