Philippe Henry (Ecolo) : "En Wallonie, ce que nous voulons, ce sont des alternatives à la voiture pour aller à Bruxelles"

Philippe Henry (Ecolo), ministre du Climat, de l’Energie et de la Mobilité en Wallonie était ce vendredi l’invité de Matin Première. C’est aussi ce vendredi que le gouvernement bruxellois doit présenter le détail des étapes de développement de la zone basse émission (LEZ). Un gouvernement bruxellois qui a par ailleurs confirmé ce jeudi son engagement à bannir les véhicules au diesel à partir de 2030 et à l’essence, à partir de 2035.

"Cette décision annoncée par l’accord de gouvernement bruxellois n’est pas une surprise", rappelle Philippe Henry qui souligne que d’autres villes européennes telles que Rome ou Paris prennent des décisions similaires.

Mais il faudra que la Wallonie s’organise pour permettre aux navetteurs de rejoindre la capitale. Et pas uniquement en voiture. "En Wallonie, ce que nous voulons, ce sont des alternatives à la voiture pour aller à Bruxelles. Nous y travaillons avec des investissements du côté wallon. Nous devons aussi en discuter avec nos homologues bruxellois et avec le gouvernement fédéral notamment au niveau des investissements ferroviaires", poursuit le ministre.


►►► À lire aussi : 96.000 voitures exclues dès l’an prochain des rues de Bruxelles


En ce qui concerne la Wallonie elle-même, "nous sommes engagés dans la transition climatique. En 2050 on doit être à 0 carbone net. Donc ça veut dire plus de moteurs thermiques", souligne-t-il. Et d'ajouter : "La Wallonie s'est engagée sur une réduction de 55% de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990."

Et quid d’une taxe de circulation au kilomètre ? "Nous n’avons pas prévu de taxe à l’usage sous cette législature", répond Philippe Henry. Il évoque alors "une réforme qui va prendre en compte deux paramètres : le niveau de pollution de C02 et la masse-puissance de la voiture".

Dans le même temps, "nous investissons dans les infrastructures. Nous voulons créer en Wallonie le vrai choix de se déplacer autrement qu’en voiture. Nous estimons qu’aujourd’hui ce n’est pas encore suffisant". Sans oublier une gratuité des transports en commun "pour les jeunes jusqu'à 26 ans, les plus de 65 ans et les publics défavorisés d’ici à la fin de la législature. On le réalise par étapes. Au mois de septembre, pour les moins de 26 ans, ce sera -70% du tarif".

Bus, tram, vélo…

Objectif : "Donner l’intérêt pour les jeunes d’organiser leurs déplacements sur la base des transports en commun. Que quand on devient adulte, étudiant, en âge de conduire une voiture ou qu'on commence à travailler, on n'ait pas le réflexe automatique de la voiture."

Concrètement, cela passe par un milliard d’euros d’investissements dans les transports alternatifs : bus, tram… et vélo. Ce dernier moyen de déplacement bénéficiera de 250 millions d’euros. Notamment pour "permettre de résoudre des carrefours dangereux du point de vue du vélo. On doit se mettre à la place de l’usager", affirme Philippe Henry.

Il insiste : "On n’a jamais investi autant dans la politique cyclable. Ça correspond à une attente forte de la population."

Le ministre reconnait qu'"il reste des combats de long terme". Il cite l’aviation qui "va devoir évoluer du point de vue international" ou l’économie circulaire. "On est en train de [la] déployer en Wallonie. Ça va faire diminuer les kilomètres parcourus par les marchandises."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK