Philippe Goffin (MR) : "Ce qu'on a vu à Alost, ce n'est pas la Belgique"

Phillipe Goffin (MR): "Ce qu'on a vu à Alost, ce n'est pas la Belgique"
Phillipe Goffin (MR): "Ce qu'on a vu à Alost, ce n'est pas la Belgique" - © Tous droits réservés

L’épidémie de coronavirus qui pourrait potentiellement toucher notre pays et des Belges en vacances confinés dans leur hôtel à Tenerife. La Belgique est-elle prête à faire face aux conséquences d’une contamination qui se répand en Europe et à venir en aide à ses ressortissants ? On en parle ce mercredi matin avec Philippe Goffin (MR), le ministre des Affaires étrangères. Le diagnostic d’une infection au Covid-19 a été posé pour deux autres ressortissants italiens séjournant à l’hôtel H10 Costa Adeje Palace, sur l’île espagnole de Tenerife, dans lequel sont également confinés près de 120 voyageurs belges.

"Nous sommes en contact avec les autorités espagnoles qui ont pris des mesures de confinement car des analyses médicales devaient être faites. Notre rôle avec le ministère des affaires étrangères est de faire circuler l’information le mieux possible, nous le faisons via notre site pour informer ceux qui voudraient voyager ou qui rentrent de voyage. Et pour la situation espagnole, nous avons des contacts réguliers avec nos ambassades et les tour-opérateurs".

Ne plus voyager ?

"Notre site internet donne régulièrement des avis de voyages mis à jour en permanence, afin de permettre à nos ressortissants de prendre des décisions en connaissance de cause. Mais bien sûr si comme en Italie, il y a des communes confinées, il ne faut pas s’y rendre, mais le reste de l’Italie reste ouvert. Si vous souhaitez annuler ou postposer votre voyage, il faut regarder votre contrat d’assurance voyage ou avec votre agence de voyages en premier lieu", détaille le ministre.

Sommes-nous prêts ?

"Je suis en contact régulier avec la première ministre et Maggie De Block pour suivre la situation. Nous avons avec succès réglé le rapatriement des Belges en Chine. Ici la situation est un peu différente, on est en Europe dans l’espace Schengen. Le SPF santé est prêt et suit la situation en temps réel, il ne faut pas paniquer", explique Philippe Goffin.

Rapatriement des enfants des combattants de l’EI détenus en Syrie

Selon l’OCAM, il resterait environ 160 enfants dans la zone irako-syrienne. Certains se trouvent dans des camps, d’autres ne sont pas localisés. 80% de ces enfants ont moins de six ans et sont donc nés sur place. Au total, depuis 2017, la Belgique a rapatrié 11 enfants. 

Philippe Goffin commente : "Nous sommes clairement favorables au retour de tous les enfants, en tout cas pour les enfants dont les mères le souhaitent. Mais nous ne sommes pas en faveur d’un retour de ses mères. Pour des raisons de sécurité je ne vais pas dire si les rapatriements sont en cours, mais je peux dire qu’on y travaille avec le gouvernement. Ce n’est pas simple car ces enfants sont sur le territoire syrien, ils sont gardés par des Kurdes syriens, je veux rester discret sur la question, mais on y travaille".

Recours en justice des mères

Certaines mères ont introduit des recours en justice pour pouvoir accompagner les enfants sur le trajet du retour, cela changera-t-il la ligne du gouvernement ?

Selon le ministre, "pour l’instant la position défendue par le gouvernement en affaires courantes, est la même que celle du gouvernement de plein exercice et est la même que les pays européens voisins, les faits commis sur place doivent être jugés sur place et les peines doivent être purgées sur place, ça, c’est le premier élément. Deuxième élément, nous sommes un état de droit et nous avons eu un jugement qui ne nous était pas favorable en première instance, nous sommes allés en appel et nous attendrons l’issue de l’appel. Nous continuerons à plaider auprès des tribunaux pour bien distinguer le rapatriement des enfants, nous y sommes pleinement favorables, mais pas celui des mères, la justice se prononcera".

Carnaval d’Alost

Ou en sont les relations diplomatiques entre la Belgique et Israël au lendemain du carnaval d’Alost ? Un an après la polémique sur les chars du carnaval d’Alost, de nouvelles figures caricaturales étaient présentes ce dimanche dans le cortège de la ville flamande. La polémique a dépassé nos frontières. En France aussi, certains s’indignent du spectacle offert dans les rues d’Alost ce week-end. "Bienvenue au carnaval d’Alost en 2020, en Belgique, cœur de l’UE. Dégénérés", écrit sur Twitter le député européen français Raphaël Glucksman.

Philippe Goffin tempère "ce qui s’est passé là-bas, on ne peut pas l’accepter et on le déplore. Nous avons expliqué la différence entre l’organisation d’un carnaval et la position d’un pays. Notre pays condamne clairement ce type de choses, on peut rire de tout, mais pas de ce genre de choses. Ce qu’on a vu là-bas ce n’est pas la Belgique".

 

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