Philippe Dehennin (Febiac): "Le diesel n'est pas mort, les mesures prises sont irréalistes"

"Imaginer la disparition du diesel, c'est illusoire dans la mesure où ce moteur contribue à la décarbonisation", a déclaré le président de la Febiac (Fédération belge de l'automobile et du cycle), Philippe Dehennin, sur les antennes de Matin Première ce vendredi. 

"C'est un moteur qui rejette peu de CO2, qui rejette relativement moins de CO2 que le moteur essence correspondant", précise l'organisateur du Salon de l'Auto à Bruxelles"et le problème épineux, et  sur lequel évidemment l'industrie est challengée s'agissant des rejets d'oxyde d'azote et de particules fines ; et là on ne parle pas de climat, on parle de qualité de l'air, on parle de santé publique ; ces problèmes sont en train de se juguler par l'arrivée des nouvelles normes, notamment les nouveaux tests d'émission."

"Des mesures d'interdiction irréalistes et inappropriées"

Pour Philippe Dehennin le Dieselgate est responsable de la mauvaise réputation des véhicules diesel. Ce qui les a obligés à mettre en place "de nouvelles normes qui garantissent aujourd'hui aux consommateurs que le diesel est véritablement propre et rempli à la fois les objectifs de climat et les objectifs de qualité de l'air"

Et donc "on est en discussion avec le pouvoir politique quant à la pertinence de la mise en place de ces mesures d'interdiction dont nous pensons qu'elles ne sont  pas réalistes et dont nous pensons aussi qu'elles ne sont pas appropriés à la promotion de la mobilité. Si vous prenez une région comme la Wallonie, il me paraît difficilement concevable que le consommateur wallon, qui est en général un très gros rouleur, se passe du diesel à l'horizon 2030"

>>Á lire aussi : 

A chacun sa voiture en fonction de sa mobilité

Autrement dit, pour le patron de la Febiac, "le diesel continue d'être la solution la plus appropriée à l'usage des gros rouleurs"

"La voiture qui convient est la voiture adaptée au profil de votre mobilité", ajoute-t-il. "Si vous êtes un gros rouleur, vous avez intérêt aujourd'hui encore à aller vers diesel qui est un moteur thermique performant, efficace, peu polluant (lorsqu'il répond aux dernières normes fixées par l'Union européenne) ; si vous pratiquez un usage plutôt urbain, vous allez vers l'électrique ; si vous avez un usage périurbain (vous vivez dans la périphérie, vous venez régulièrement en ville), optez plutôt pour une hybride, vous arrivez en ville en mode thermique et passez en mode électrique une fois passé la frontière de la ville."

Passer au tout électrique est aujourd'hui "impossible"

Si Philippe Dehennin reconnaît que l'avenir passe par l'électrique, il rappelle que ce genre de véhicule génère aussi du CO2, mais "en amont". "Parce que l'électricité, il faut la produire, il faut également produire des batteries, il faut les installer dans les véhicules..."

Et selon lui, la Belgique n'est pas prête encore pour passer au tout électrique : "Si on basculait l'intégralité du parc automobile, qui s'élève à 5,75 millions de voitures en Belgique, sur l'électrique, il faudrait produire 30% d'électricité de plus. Et non seulement 30% de production, mais 30% de distribution ; et ça, aujourd'hui, c'est impossible".

Il y a aussi pour lui "un travail à faire sur la mise en place des infrastructures de recharge. La Belgique, malheureusement, est fortement à la traîne dans ce domaine par rapport aux pays environnants. Mais, nous entendons des messages très encourageants de la part des régions ".

Ces infrastructures sont "indispensables pour que l'électrique réalise sa percée". L'industrie, elle, "est prête !".  

>>Á lire aussi : Salon de l'auto à Bruxelles: pas encore de révolution, mais beaucoup de promesses

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK