Philippe Close : "La Belgique est un pays de rebondissements et donc je reste prudent"

L’invité de la Matinale sur la Première c’était Philippe Close (PS). Alors que les négociateurs discutent toujours du casting ministériel, qu’à l’aube un accord est survenu sur le texte (qui à l’heure où nous écrivons ces lignes est toujours en relecture : ndlr), le Bourgmestre de la ville de Bruxelles ne souhaite pas faire de commentaires sur le futur gouvernement et il reste prudent jusqu’au bout. "La Belgique est un pays de rebondissements et donc je reste prudent".

La gestion de la crise… est en crise ?

A la question de Thomas Gadisseux si la gestion de la crise est en crise, le bourgmestre de Bruxelles, qui à ce titre pilote aussi la gestion de la crise du coronavirus répond qu’elle l’a toujours été et se refuse de donner des bons à qui que ce soit. Il poursuit : "c’est une crise sans précédent, une crise injuste… avec des mesures qui ne sont pas en permanence les mêmes pour tout le monde, parce qu’on ne peut pas les prendre pour tout le monde. Injuste aussi au niveau social".

Les mesures après le CNS

Une semaine après le CNS, le Conseil national de sécurité, des réunions dans la foulée le samedi, Philippe Close est-il en mesure de donner des consignes claires aux Bruxellois ? Le socialiste estime que cela peut se faire pour les deux à trois semaines à venir, mais il souligne que les tactiques évoluent en fonction de la situation épidémiologique. Son thermomètre, les chiffres, et plus particulièrement ceux des quatre hôpitaux de la ville. Tous les deux jours, il reçoit le détail avec pour l’instant, moins de patients en soins intensifs, mais par contre une augmentation des hospitalisations. "On va me dire qu’il y a moins de morts, quoiqu’on vient de passer les 10.000 morts, ce qui est un cap symbolique important… Ce qui veut dire que nos médecins arrivent à traiter et qu’on a un autre public qui est là. C’est donc une autre vague, ce n’est pas la même qu’au mois de mars, nous expliquent les médecins… et par rapport à cela on se doit de réagir".

Une réserve de lits

Les autorités ont demandé de garder une réserve de 15% des lits en soins intensifs. Ce niveau est aujourd’hui atteint, la situation est-elle en train de dégénérer ? Philippe Close souligne que ce n’est pas encore le cas dans tous les hôpitaux. Il rappelle que cette réserve de 15% de lits est nécessaire pour pouvoir traiter d’autres opérations, d’autres maladies. Des spécialistes avaient d’ailleurs déjà sonné l’alerte en expliquant que de nombreux patients n’étaient pas assez suivis ou que des personnes âgées n’allaient pas se faire opérer par peur d’être contaminées à l’hôpital. Le risque est donc là qu’il faille à nouveau reporter des opérations. "C’est le risque que l’on veut éviter. On ne sera pas saturé au niveau des soins intensifs, mais on risque de devoir reporter les opérations qui nécessitent un passage par les soins intensifs". Le bourgmestre rappelle que les lits de ce service sont extrêmement médicalisés et qui ne sont pas multipliable à l’infini.

Le masque

A partir de ce jeudi 1er octobre, le port du masque ne sera plus obligatoire partout en Belgique, mais à Bruxelles il est demandé aux citoyens d’en avoir toujours un sur soi. Quelles sont les consignes claires que l’on donne à la population ? Le bourgmestre rappelle qu’il s’agit d’une mesure qui fait appel au bon sens. "Ici, la mesure du masque partout et tout le temps […] ça n’a pas beaucoup de sens de demander à une personne qui promène son chien à 23 heures dans un parc de porter un masque. Par contre, dans les transports en commun (même si vous téléphonez) mettez votre masque". D’où cette question : la mesure de cet été qui imposait le port du masque partout n’avait pas de sens ? "Elle n’a plus de sens aujourd’hui et elle risque de ne plus susciter l’adhésion. Elle l’a été à un moment pour donner une piqûre de rappel sur le fait que le virus était toujours là".

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