Philippe Close: "La situation de la migration en Belgique mérite parfois plus que des tweets de 140 caractères"

D'après Philippe Close, il manque 200 policiers pour la zone de police de la capitale, et 500 policiers pour toute la région bruxelloise.
D'après Philippe Close, il manque 200 policiers pour la zone de police de la capitale, et 500 policiers pour toute la région bruxelloise. - © RTBF

Retrait des militaires des rues de Bruxelles, parc Maximilien ou encore stade national : Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles, a abordé les différents sujets chauds du moment au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Première.

A partir de septembre, les militaires vont progressivement disparaître des gares et stations de métro. Une décision que Philippe Close ne remet pas en cause, "la place de l’armée n’est pas dans la rue", dit-il. Mais selon lui, il faut compenser ce retrait par un recrutement policier : "Et il est important de phaser cela".

Accélérez ce recrutement

D'après Philippe Close, il manque 200 policiers pour la zone de police de la capitale, et 500 policiers pour toute la région bruxelloise. "Il faut vous rendre compte que Bruxelles aujourd’hui, c’est 900 manifestations revendicatives par an, le monde entier manifeste à Bruxelles, explique Philippe Close. Il y a près de trois manifestations par jour, on a 4.500 événements dont des grands sommets comme le sommet de l’OTAN".

Et le bourgmestre l'affirme: "La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des budgets qui existent, la région bruxelloise a réussi à refinancer les différentes communes. Ce ne sera peut-être pas suffisant mais cela permet de voir des perspectives nouvelles dans le recrutement". Ce recrutement est fédéral, rappelle Philippe Close qui envoie un message au gouvernement Michel: "Accélérez ce recrutement, nous sommes prêts à engager ces policiers". Le bourgmestre précise également que Bruxelles et sa police est prête à "prendre sa part".

Si l'on fait la comparaison avec Anvers, Philippe Close affirme qu'il "manque 500 policiers au cadre pour toute la région bruxelloise" alors que "le cadre est excédentaire à Anvers, il y a plus de policiers que ce que prévoit le cadre". Mais il refuse de tomber dans un "ping-pong institutionnel". "Tout le monde sait bien que je n’ai pas vraiment d’affinités avec le gouvernement suédois mais le boulot d’un bourgmestre, c’est de travailler avec ses collègues et de trouver la sécurisation des gens, au-delà du débat politique", répond le bourgmestre de Bruxelles.

Qu’on éloigne d’abord ces personnes qui commettent des actes délictueux, avant de s’en prendre peut-être à des transmigrants qui sont en transit

Un autre dossier qui fait couler beaucoup d'encre actuellement est la situation des migrants à Bruxelles. Trois interventions policières ont eu lieu pour des incidents la semaine dernière à la porte d’Ulysse, le centre d’accueil pour réfugiés et personnes sans-abri situé à Haren sur le territoire de la ville de Bruxelles. "Je demande un peu de sang-froid et ce n’est souvent pas le cas dans ce dossier, que ce soit d’ailleurs d’un côté ou de l’autre, constate Philippe Close. Moi j’assume d’avoir loué ce bâtiment, j’assume le fait qu’il y ait des ouvriers communaux qui passent tous les jours, des actions de police, mais aussi dans le parc Maximilien. Il est normal pour un bourgmestre de savoir qui est sur le territoire".

Philippe Close, la manière dont les dossiers de migrants devant quitter le territoire sont traités n'est "pas très saine". "Quand nous arrêtons un migrant qui aurait commis une infraction, ce qui parmi les transmigrants du parc Maximilien n’est généralement pas le cas, les seules réponses que l’on a de l’office national des étrangers, c’est délivrer un ordre de quitter le territoire, déplore le bourgmestre. Qu’on éloigne d’abord ces personnes qui commettent des actes délictueux, avant de s’en prendre peut-être à des transmigrants qui sont en transit. Même les syndicats de police disent qu’il faudrait créer ce centre de transit pour que la police sache qu’en faire parce qu’aujourd’hui, c’est ça le vrai débat".

Mais Philippe Close refuse de jeter la pierre au secrétaire d''Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken: "Je ne vais pas dire que c’est la faute d’un autre niveau de pouvoir, je prends mes responsabilités. Mais d’un autre côté, je pense que la situation de la migration en Europe et en Belgique mérite parfois plus que des tweets de 140 caractères". Le bourgmestre appelle à la sérénité dans ce dossier et rappelle que le parc Maximilien, "c’est 400 migrants, ce n’est pas des milliers comme à Paris, à la Porte de la Chapelle".

Rénovation du stade Roi Baudouin?

Philippe Close a terminé en abordant le dossier compliqué du nouveau stade national. Le projet de construction d'un nouveau stade sur le parking C du plateau du Heysel étant tombé à l'eau, le bourgmestre se dit ouvert à une rénovation du stade Roi Baudouin existant: "Si le stade Roi Baudouin peut être rénové, je pense que c’est maintenant au premier ministre de prendre l’initiative de réunir tout le monde et la ville répondra présente à toute initiative positive dans ce dossier".

Prendre l'initiative, c'est-à-dire trouver le budget? "On parle quand même de 200 à 250 millions, c’est clair que ce n’est pas la ville de Bruxelles qui peut mettre 250 millions dans un stade. Celui qui raconte ça en campagne électorale mentira aux électeurs".

 

 

 

 

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