Ph. Henry: le plan d'investissement SNCB est insuffisant pour la Wallonie

Philippe Henry, ministre wallon de la Mobilité
Philippe Henry, ministre wallon de la Mobilité - © Archive RTBF

Le ministre wallon Philippe Henry accorde un zéro pointé au projet de plan d'investissement 2013-2025 de la SNCB au micro de la RTBF: le montants ne permettraient pas de développer le rail wallon, mais seulement de maintenir la capacité actuelle.

Le ministre wallon de la Mobilité Philippe Henry estime que le plan d’investissement de la SNCB jusqu’en 2025 est nettement insuffisant en ce qui concerne le sud du pays : "C’est vraiment inquiétant parce que le rail est aujourd’hui clairement un moyen structurant pour le territoire et c’est le moyen d’endiguer les problèmes de mobilité. A terme, le nombre de personnes qui se déplacent en train doit continuer d’augmenter. Ce qui est sur la table permet essentiellement d’assurer le maintien de la capacité existante, mais pas de développer le rail" dit-il au micro de Bertrand Henne.

"Un certain nombre de priorités prévues dans le plan précédent (RER, ligne Bruxelles-Namur-Luxembourg) ont pris énormément de retard parce que la SNCB n’a pas mis en œuvre les travaux dans les délais prévus. Et paradoxalement les moyens pour ces projets, qui étaient budgétés dans le plan précédents, n’ont pas été conservés. Donc cela consomme évidemment une partie importante des budgets. Par ailleurs la masse globale budgétaire est moins importante que pour le plan précédent, puisque on sera désormais à 1,96 milliards d’euros par an alors qu’on vient de 2,20 milliards" poursuit Philippe Henry.

Clé de répartition

Le ministre wallon Ecolo pointe aussi la clé de répartition 60-40 entre le nord et le sud du pays des moyens de la SNCB et en particulier le fait qu’elle "est appliquée année par année. On se retrouve dans des situations absolument absurdes où certains projets du plan précédent ont dû être arrêtés en Wallonie parce qu’il n’y avait pas la même année des montants correspondants dépensés en Flandre. De plus, pour moi, l’entretien du réseau ne devrait pas rentrer dans cette clé de répartition". Philippe Henry craint que les montants dépensés rendront "le rail flamand plus performant alors que, du côté wallon on sera essentiellement limité à entretenir le réseau existant".

Ce plan d’investissement a été transmis aux exécutifs régionaux pour avis par le gouvernement fédéral. Puisque le ministre des Entreprises publiques Paul Magnette quitte très prochainement son poste (pour devenir bourgmestre de Charleroi) Philippe Henry trouve que les conditions sont peu favorables à une négociation. Il proposera au gouvernement wallon "de se positionner assez durement sur ce projet de plan pour dire que les intérêts wallons ne sont pas suffisamment pris en compte, et que les montants globaux sont insuffisants par rapport à la priorité qu’on doit accorder au rail".

A.L. avec B. Henne

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