Pieter Timmermans, FEB: "Il y a beaucoup plus à gagner autour de la table que dans la rue"

Peter Timmermans, FEB: "pour moi, c’est en premier lieu une action politique".
Peter Timmermans, FEB: "pour moi, c’est en premier lieu une action politique". - © Tous droits réservés

Ce mardi 10 octobre, jour de déclaration de politique générale du gouvernement de Charles Michel, la CGSP a décrété un jour de grève.  

Pieter Timmermans, patron de la FEB, la Fédération des entreprises de Belgique, était invité par La Prem1ère ce matin pour en parler.

Cette grève est-elle une grève politique?

"Oui, je pense. On ne peut pas le dire autrement. Quand j’ai lu les déclarations de Thierry Bodson et de ses collègues, pour moi, c’est en premier lieu une action politique et en second lieu une action contre certaines mesures, parce qu’en principe, quand on annonce une mesure et qu'on ne l’accepte pas, on discute d’abord.

Et puis à la fin de la discussion, à la fin de la concertation, on fait éventuellement grève ou pas. Et j’ai constaté que les deux autres syndicats ont choisi cette voie-là, d’abord s’informer, d’abord discuter et puis éventuellement faire grève".

Le coût de cette grève aujourd’hui est aux alentours de 40 millions d’euros

Mais quand la concertation est en échec, quand un syndicat bloque une partie du pays, c’est aussi un échec collectif pour les patrons?

"Quand on a fait un accord à 8, à l’exception de la FGTB il y a deux ans sur les salaires, est-ce que c’était un échec ? Non. Je pense que quand il y a une volonté d’aboutir, alors on peut aboutir à des résultats. Je dis toujours, et l’Histoire le démontre, qu'il y a beaucoup plus à gagner autour de la table que dans la rue".

Quel est l’impact de cette grève au niveau économique?

"Au niveau économique, on a une certaine expérience. Depuis quelques années, on a fait l’analyse des différentes grèves et nous estimons que le coût de cette grève aujourd’hui est aux alentours de 40 millions d’euros. C’est une perte de temps au niveau des personnes qui ne sont pas à l’heure, des pertes de productivité, des pertes de production... Dans certains bassins, il y aura également des participations dans le secteur privé. J’espère que ce ne sera pas beaucoup".

Plus de 100 000 personnes ont retrouvé un emploi

Les syndicats dénoncent les mesures prises par le gouvernement fédéral. 

"Quand il y a plus de 100 000 personnes qui ont retrouvé un emploi, ça veut dire que c’est du pouvoir d’achat supplémentaire. Et ce ne sont pas des flexi-jobs. Arrêtons de dire des mensonges, c’est de l’emploi valable. Les chiffres de l’ONSS le disent. En plus, le pouvoir d’achat a augmenté de plus de 1% réel par an".

Les syndicats disent que c’est le gouvernement des patrons...

"Non, c’est le gouvernement de l’emploi. C’est ça que je réponds aux syndicats, et donc je les invite à se mettre de nouveau autour de la table pour trouver des solutions à des problèmes qui nous préoccupent nous, en tant qu’employeurs, et les syndicats".

La réforme des pensions n’aboutit pas, ça bloque sur la définition de la pénibilité du travail. Vous constatez aussi cet échec quand même?

"C’est un échec sur ce dossier-là, ce n’est pas un échec sur la formation de salaire, ce n’est pas un échec au niveau de l’AIP (accord interprofessionnel), parce qu’on a conclu un AIP. Je voudrais quand même répéter ça aussi. Mais au niveau des pensions, il y a un échec et la raison en est tout à fait simple. Quand on veut déterminer les exceptions, avant d’avoir une idée sur le système général, tout le monde veut être une exception parce qu’on pense pouvoir partir plus tôt à la pension. C’est la raison pour laquelle les syndicats sont venus avec plus de 80 critères. Nous voulons nous limiter à des critères objectivables, à des critères qu’on peut mesurer concrètement. C’est la différence. D’ailleurs, c’était la même chose en 2005 au moment du pacte entre les générations. On a voulu déterminer les exceptions avant de savoir ce qu’était la règle générale".
 

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