Peter Mertens (PTB): "On est marxistes, évidemment"

Peter Mertens était l'invité de Matin Première ce lundi
Peter Mertens était l'invité de Matin Première ce lundi - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

"Le PTB s'inscrit dans cette nouvelle vague de gauche décomplexée en Europe". Fraîchement réélu, le président du PTB dit vouloir rester un parti de gauche tout en reconnaissant lorgner vers un électorat élargi. Par petites touches, Peter Mertens, invité ce lundi de Matin Première, a dévoilé à Bertrand Henne les grandes lignes de son parti.

"On est marxistes, évidemment", dit-il, en précisant que le but du PTB est avant tout de porter une société adaptée au 21e siècle. "Une société qui a besoin d’une gauche décomplexée. Qui ose quitter les sentiers battus, les idées hégémoniques néolibérales. Une gauche qui ose de nouveaux projets au niveau des taxes des millionnaires, de la semaine des 30 heures, etc."

Le président du PTB insiste sur la nécessité d'une révolution des idées articulée autour des deux richesses de notre époque: le travail et la nature. Révolution un peu plus ouverte aux déçus des autres partis, et pas seulement de gauche: "Si les gens de droite se détournent de la politique néolibérale de ces 20 derniers années, où vont-ils ? C’est aussi pour cela que l’on a renforcé le débat de gauche. Car on ne peut pas faire en sorte qu’ils aillent vers le front national".

"Les adversaires, au parlement, c'est le gouvernement de droite"

Sur ses relations avec les autres partis justement, Peter Mertens reconnaît que les deux députés fédéraux Raoul Hedebouw et Marco Van Hees, dans leurs discours, visent à faire reculer le gouvernement de droite.

Concernant ses rapports avec les autres partis de gauche, notamment flamands, il se montre prudent. "Je m’entends bien avec le nouveau président de la sp.a John Crombez. Mais on va voir ce qu’il va faire, ce qu’il va dire. Car en même temps, dans les rangs de la SP.A Frank Vandenbroucke dit que l’on doit travailler plus longtemps".

Et d'ajouter: "Il est clair que le sp.a en Flandre est plus 'blairiste'. C'est la raison pour laquelle on essaye d’être le renouveau de la gauche partout en Belgique, y compris en Flandre. D'ailleurs à Anvers on a 9%".

"On verra si la N-VA nous appuie"

Un dossier que le parti porte depuis plusieurs années est celui d'une "taxe des millionnaires", un impôt sur la fortune. À ce propos, Peter Mertens dévoile que: "Raoul Hedebouw et Marco Van Hees vont déposer cette semaine une première proposition de loi pour taxer les 2% les plus riches de Belgique. Cette taxe devrait rapporter 8 milliards d'euros. Bart de Wever a d’ailleurs dit que la N-VA appuierait toute taxe qui ne toucherait pas la classe moyenne. On verra ce qu’il en est".

Une réélection transparente

Demeurait la question de sa procédure de réélection au poste de président, le PTB ayant privilégié une élection en congrès au détriment d'un suffrage universel. Certains y voyaient resurgir ce que le politologue Pascal Delwit avait appelé le double message du PTB, où le fonctionnement interne n'était pas aussi universel que le discours externe. "On a eu un processus d’un an. On a eu plus de 900 pages d’amendements lors de notre congrès. Le but était de continuer avec cette ligne. Unir, approfondir. Et donc c’est le congrès qui élit le président. Mais tout le monde est impliqué. Les sections de base ont d'ailleurs été impliquées pendant un an à la préparation du congrès".

Sandro Faes Parisi

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