Peter Mertens (PTB): "Le Parlement n'est pas le miroir de la société"

Peter Mertens: "Le Parlement n'est pas le miroir de la société"
Peter Mertens: "Le Parlement n'est pas le miroir de la société" - © DIRK WAEM - BELGA

Peter Mertens, président néerlandophone du PTB, est l'auteur d'un livre à succès en Flandre, Graailand, "Pays de profiteurs". Il en expliquait les grandes lignes ce lundi dans Matin Première. 

Qui sont donc les profiteurs? "Il y a une crise politique pour le moment, il y a un certain mépris vis-à-vis du peuple. Et derrière tout cela il y a un système de se 'servir soi-même' dans une partie de la classe politique. Par exemple, Barroso, qui est parti chez Goldman Sachs. Comme président de la Commission européenne, il devait faire avancer l’Europe. Qui a-t-il servi pendant sa fonction alors puisqu’après il est parti chez Goldman Sachs ? Cette banque est impliquée dans la falsification des chiffres grecs pour rentrer dans l’Europe...", dénonce Peter Mertens.

"L'ancienne commissaire européenne à la société numérique Neelie Kroes était responsable pour le marché des taxis, elle avait promis de ne jamais rentrer dans une firme privée et aussitôt sa fonction finie, elle a travaillé chez Uber".

Des situations inconcevables, pour le président du PTB. "Soit on est là pour le peuple, soit on est là pour les multinationales, pas pour les deux".

Il n’y a presque plus personne qui peut s’imaginer ce que c’est d’avoir difficile à la fin du mois

Pour lui, le problème est même plus général que les mandataires qui travaillent dans le privé. "Le Parlement n’est pas le miroir de la société pour le moment, il est peuplé de gens qui gagnent 6000, 7000 voire 10 000 euros, et on y prend des décisions lourdes pour les malades longue durée, sur les pensions. Il n’y a presque plus personne qui peut s’imaginer ce que c’est d’avoir difficile à la fin du mois".

Peter Mertens ne conteste pas que les parlementaires puissent avoir un salaire élevé, mais il doit être limité. "Si on a une responsabilité, on peut gagner plus. Notre proposition, c’est d’avoir un maximum de trois fois le salaire moyen en Belgique, 6600 bruts. Avec 6600 euros bruts, on peut vivre. Normalement on est en politique par passion, pour servir le peuple. Pas pour s’enrichir".

Pour pouvoir maintenir un capitalisme de fraude légal, les millionnaires ont besoin de toute une couche de politiciens

Et le président du PTB va encore plus loin: "Pour pouvoir maintenir un capitalisme de fraude légal, les millionnaires ont besoin de toute une couche de politiciens, ceux à 10 000 euros. Après la crise de 2008, les lois concernant le secteur financier n’ont pas changé. Il y a un lien qui est quand même clair. Mais c’est tabou. Ou alors c’est l’extrême-droite qui en parle, mais également pour renforcer l’establishment. Car Trump, candidat anti-système, la première chose qu’il a faite c’est de s’entourer de milliardaires".

Peter Mertens veut que son parti soit une autre alternative anti-système, "une alternative sociale, éthique". "On veut changer les choses. En changeant les rapports de force dans la société , en créant un contre-courant contre le néo-libéralisme".

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