Peter Mertens (PTB): "Le Covid-19 est une maladie de classes"

Peter Mertens, président du PTB publie "Ils nous ont oubliés" et il était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 10 octobre sur La Première. Il décrit dans son ouvrage les conséquences humaines et sociales de l’épidémie, et les dommages sur les travailleurs oubliés.

Mais qui a oublié qui ? "Je fais référence à un poème qui dit : les étoiles ne sont visibles que dans le noir. Avec cette crise, il a subitement fait très noir et on a subitement vu briller les héros comme les infirmières, les caissières, les éboueurs, les chauffeurs de taxi et de bus, … Ils tous dû continuer à travailler et ce sont les gens à bas salaires qui ont pris le plus de risques. Sciensano ne publie toujours pas de chiffres sur la mortalité par catégories socio-professionnelles et c’est malheureux. Pendant la pandémie, les richesses se sont encore plus accumulées au sommet de notre société et de l’autre côté, les pauvres sont devenus encore plus pauvres. Le Coronavirus a aggravé les inégalités et les clivages. Le covid-19 est une épidémie de classe, elle a un sens politique, elle s’attaque en particulier aux plus défavorisés. Alors applaudir ces héros de la nuit quand on en a le plus besoin, c’est bien, mais quand est-ce qu’on leur fournira un salaire digne ?"

Compromis ou fausses promesses ?

Alors que le nouveau gouvernement De Croo vient de s’installer au 16 rue de la Loi, les voix du PTB s’élèvent déjà. Raoul Hebebouw reproche notamment au PS de ne pas respecter ses promesses électorales et de laisser la place à une Suédoise déguisée. Peter Mertens nuance. "Il y a de bonnes choses dans le texte du gouvernement Vivaldi. Les investissements dans les soins de santé, c’est bien. Le PTB mettait déjà ce pacte sur la table en novembre pour investir 400 millions d’euros dans la santé, le gouvernement De Croo l’a pris et l’a élargi : c’est bien !"

En revanche, en effet, selon lui, le PS n’a pas tenu ses promesses. "Pendant la campagne électorale, ils ont promis que le point de rupture serait la pension à 67 ans, ils ont promis qu’ils reviendraient à 65 ans, et les travailleurs y ont cru. Alors dire maintenant que c’était seulement pour rire, que c’était un mauvais slogan de campagne, ça ne va pas !"

La question se pose alors : est-ce que ce qui distingue les socialistes du PTB, ce ne serait pas justement le sens du compromis pour pouvoir gagner d’autres combats au gouvernement ? Ne vaut-il pas mieux des promesses à moitié tenues pour participer à un gouvernement qui va dans le sens voulu, plutôt qu’un parti qui veut tenir toutes ses promesses mais qui n’est jamais au pouvoir ? "Je suis très fier parce que depuis 10 ans, plusieurs de nos idées sont sur la table et on discute du contenu. On ne peut pas tout avoir dans un gouvernement, je suis d’accord, la vie est une longue suite de compromis. Mais il y a une différence importante entre une ambition de parti et une promesse de point de rupture qu’on ne respecte pas."

Enfin un ministre de la Santé ?

Maggie de Block absente du nouveau gouvernement, après une fin de mandat entre chaotique et invisible, la place de ministre de la Santé revient désormais à Franck Vandenbroeke. Une nomination qui a été accueillie par un concert de louanges. "On est vite contents maintenant ! Blague à part, est-ce que c’est un progrès d’avoir enfin un vrai ministre de la Santé ? Oui. Est-ce que c’est un progrès d’avoir une communication claire ? Oui, effectivement, d’autant que la confusion des ces derniers mois a été un désastre. Mais est-ce que j’ai une confiance aveugle et totale en Frank Vandenbroucke ? Non, parce qu’il a un passé, il a notamment introduit la troisième voie et la notion de libéralisme dans la démocratie sociale, donc on va voir…"

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