Pétard mouillé ou véritable bombe, "Groupons-nous et demain" tuera-t-il le PS de l'intérieur?

C’est ce lundi matin qu’Elio Di Rupo présente ses propositions afin de donner un nouveau souffle au PS réuni en bureau.

Ces derniers mois, les affaires s’enchaînent et pèsent lourd sur la réputation et l'image du Parti socialiste. Tellement lourd que quatre-cents militants socialistes ont décidé de s'unir pour donner un nouvel élan au parti via le mouvement "Groupons-nous et demain", avec une triple ligne de conduite : plus rouge, plus vert, plus horizontal.

Pour en parler au micro de Thomas Gadisseux sur la Prem1ère, Marina Libertiaux, co-fondatrice de ce mouvement au leitmotiv rageur: "Nous sommes socialistes, militants ou mandataires et nous sommes en colère ".

Le  PS est clairement à contre-emploi.

Une colère qui trouve son origine dans un sentiment de trahison comme l’explique cette militante, infirmière de profession: "Il y a de l’indignation, de l’incompréhension vis-à-vis du parti, car l’épine dorsale du PS c’est notamment le partage des richesses, la réduction du temps de travail. Et là le PS est clairement à contre-emploi."

Il faut ouvrir les yeux

Publifin, Ores, Samusocial... Les affaires, au début, Marina Libertiaux n’y croit pas. "On pense que c’est quelque chose qui vient abîmer, pour permettre aux autres familles politiques de s’installer. Et puis non, il faut ouvrir les yeux. Personnellement je suis vraiment blessée au plus profond de moi et je pense que la plupart des militants sont dans le même état d’esprit. Notre militance en a pris un coup, nos valeurs ont été touchées."

Utiliser notre colère de manière positive

Mais elle doit bien s’y résoudre, celles-ci sont bien réelles. Elle décide alors de ne pas rester les bras croisés et de réagir. "En gros, on a trois réactions possibles face à cela. Soit on écrase, on baisse la tête et on attend. Soit on gesticule, on s’agite, mais sans réelle efficacité, soit on essaie de comprendre et de construire quelque chose ensemble. C’est l’idée de cette base militante qui se révolte et qui réagit afin d’utiliser notre colère de manière positive."

On ne cherche pas à couper des têtes

Un groupe en marge du parti donc, mais qui se défend d’être dissident ou de parler de système PS. "Nous on ne cherche pas à couper des têtes. Par contre, on a notre propre responsabilité individuelle. En laissant faire on a contribué à laisser s’installer cette forme de gouvernance. C’est un peu comme dans une famille où le papa et la maman gèrent tout. Le parti est ce que l’on en fait. On veut donc reprendre la main, se rassembler et on travailler de façon plus horizontale", explique Marina Libertiaux.

Shadow cabinet ?

Alors, les cadres du PS écouteront-ils cette colère qui vient du bas ? Elio Di Rupo a-t-il entendu les doléances de sa base ? Les militants, eux, prendront le temps qu’il faut pour analyser en détail les propositions présentées ce lundi au bureau du parti. "On n’est pas tenu par le temps. On va se permettre de prendre le temps de la réflexion, de l’analyse, on n’est pas dans l’urgence. Un groupe de personnes s’est proposé pour analyser les propositions qui seront faites dans le texte et les transmettre aux militants."

"Groupons-nous et demain" est-il un shadow cabinet ? Marina Libertiaux s’en défend mais reconnaît la crainte générée par le regard des mandataires. "Les gens ont peur et les élus nous regardent en se demandant ce que nous cherchons exactement. Nous, on veut cependant les rassurer car ce que l’on recherche c’est recréer du tissu social entre les militants et entres les militants et les cadres du PS."

Pas question donc de prendre position sur la question qui brûle les lèvres socialistes ces derniers jours, le décumul intégral, un mandat unique pour une personne. "C'est quelque chose qui doit être réfléchi de façon collective. J'attends de voir le texte de Di Rupo.

Eviter d’être confisqué

Très liégeois, le mouvement, créé il y a à peine une semaine, espère s’étendre, notamment dans le Hainaut, tout en gardant une ligne directive où ministres et autres cadors socialistes ne sont pas les bienvenus, "afin d’éviter d’être confisqué". 

Pétard mouillé ou véritable bombe au sein même du parti, "Groupons-nous et demain" tuera-t-il le parti socialiste, blessé ? Les prochaines semaines risquent d’être décisives.

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