Peste porcine: "Je ne défends aucun lobby, je ne suis pas chasseur"

René Collin ne veut pas s'étendre sur la polémique. Alors qu'un élevage "clandestin" de sangliers a été découvert à quelques kilomètres du foyer de peste porcine africaine, dans un bois près d'Etalle, le ministre wallon de l'Agriculture a affirmé que des mesures allaient être prises rapidement pour éclaircir l'affaire. "J’ai posé la question à l’administration, pour savoir combien il y avait eu de procès-verbaux par rapport à ce type d’importations illégales, a déclaré le ministre au micro de La Première. Le directeur général de l’administration m'a confirmé qu’il n’y en a eu aucun. Est-ce à dire qu’il n’y a jamais eu aucun acte répréhensible, je ne vais évidemment pas l’affirmer", a précisé René Collin.

Interrogé par Thomas Gadisseux, le ministre a affirmé que sa priorité était l'éradication du virus. "On savait que si la peste porcine arrivait, même si on s’y préparait, ce serait une catastrophe économique, a-t-il rappelé. On est au cœur de cette catastrophe. Il faut surtout éviter qu’elle ne touche les élevages porcins, et qu’elle ne puisse ainsi nuire à l’ensemble de l’économie belge et même européenne." Le ministre a toutefois évacué l'idée d'une psychose collective, tandis qu'un éleveur wallon s'apprête à euthanasier plusieurs centaines de porcelets après que son client flamand a refusé la transaction. "Il y a deux choses qu’il faut évidemment rappeler : premièrement, il n’y a aucun risque à consommer de la viande porcine, et deuxièmement, nous sommes, pour l’instant, en Belgique, totalement indemne de la PPA dans les élevages porcins", note René Collin.

Je demande la mobilisation de tout le monde

Concernant la possible responsabilité des chasseurs qui importent et nourrissent illégalement les sangliers, le ministre a refusé de porter des accusations. "La plupart des chasseurs gèrent dans un sens tout à fait rigoureux leurs chasses", a affirmé le ministre, qui a ajouté que le virus était arrivé à un endroit où la population de sangliers n'est pas très importante. Pour rappel, c'est René Collin lui-même qui avait réautorisé le nourrissage artificiel du grand gibier, supprimant les mesures prises par son prédécesseur, Carlo Di Antonio (cdH).

Selon René Collin, le nourrissage est une des causes les plus faibles de l’accroissement de sangliers. Le ministre a évoqué les conditions météorologiques, et surtout une responsabilité humaine : déchets de nourriture abandonnés, véhicules... "Je rapporte ce que les experts nous disent, s'est justifié le ministre. Je ne défends aucun lobby, je ne suis pas chasseur, je respecte toutes les opinions. Ce que je constate, c’est que certains se passionnent pour des thèses, alors que je demande la mobilisation de tout le monde, y compris les chasseurs, pour pouvoir appliquer les mesures sanitaires dont on a absolument besoin pour éradiquer la peste porcine."

Interrogé sur l'impact de la peste porcine en Flandre, René Collin a affirmé qu'il avait rencontré son homologue flamande Joke Schauvliege (CD&V). "La principale crainte évidemment, c’est la contamination, a déclaré le ministre, rappelant que le prix du porc avait déjà diminué. "S’il y avait le moindre porc atteint à quelque endroit que ce soit au niveau de la Belgique, c’est l’ensemble du secteur belge qui souffrirait, et même l’ensemble du secteur européen", a précisé René Collin. Accompagné de Joke Schauvliege et de Denis Ducarme, le ministre de l'Agriculture au fédéral, René Collin a d'ailleurs rencontré le commissaire européen à la santé ce lundi.

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