Trois nouveaux cas de peste porcine détectés dans la zone infectée

La peste porcine ne cesse de s'étendre en Wallonie et lors du débat organisé sur le plateau d'À Votre Avis, René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture a annoncé la découverte de trois nouveaux sangliers infectés par la peste porcine, ce qui porte le total à 18. Il se veut cependant rassurant sur l'état actuel du cheptel porcin, aucun cochon n'a été touché.

Mais le virus a tout de même forcé la prise de mesures préventives comme la mise en place d'un secteur de sécurité de 63.000 hectares dans lequel environ 4 000 porcs seront euthanasiés alors qu’ils sont tout à fait sains. Cette zone entraîne donc la fermeture des forêts de la région - jusqu'au 15 octobre minimum - qui impacte d'autres secteurs tels que celui du bois et du tourisme. "Le bois, au niveau de la région wallonne, c’est une filière relativement importante c’est 18.000 emplois. Sur les 63.000 hectares, c’est 30.000 hectares de forêt dans lesquels on ne peut plus entrer depuis une grosse semaine et c’est donc dramatique", déclare François de Meersman, secrétaire général de la confédération belge du bois.

En ce qui concerne les 4 000 cochons, le ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme est clair, l’abattage est inévitable. "C'est la seule manière (d'arrêter la contamination) et nous travaillons avec des experts de la Commission Européenne qui travaillent sur l'ensemble des cas de peste porcine africaine qui ont atteint aujourd'hui pas moins de neuf pays en Europe. Nous travaillons avec eux pour éviter le pire. Il y a un certain nombre de pays qui ont suivi la méthode qui a été prescrite par la Commission Européenne et la Tchéquie, par exemple, a pu mettre un stop à la contamination de la peste porcine africaine. D'autres ne l'ont pas suivie et c'était la catastrophe". Ces abattages ont donc pour objectif de préserver la filière nationale qui compte au total six millions de porcs pour 1,3 milliards d'euros et qui touche directement 15.000 emplois.

René Collin supporte cette décision et pose ses priorités sur cette affaire : éradiquer la peste porcine, soutenir les éleveurs en difficulté et rouvrir au plus vite la forêt. Mais il a également exprimé son désir de connaître la cause de cette contamination afin d'écarter toutes les hypothèses existantes et d'éviter un tel désastre dans le futur.

Ces hypothèses sont multiples et les experts de la Commission Européenne avancent celle de la contamination alimentaire. Mais une autre éventualité pointe du doigt les chasseurs qui auraient importé des sangliers, pratique illégale depuis 1994. Jean-Marie Giffroy, membre du club de chasse Royal Saint-Hubert affirme que cette théorie est considérée comme fausse par les chasseurs. Mais le club a récemment écarté l'un de ses administrateurs car il possédait un parc à sanglier, où les animaux sont importés, ce qui est également illégal. 

En attendant de pouvoir faire la lumière sur la cause de cette contamination, l'AFSCA (l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) rassure à propos de la consommation de porc et de viande en général. "Le niveau de sécurité alimentaire en Belgique est très élevé. Les gens se rendent dans leur boulangerie, au restaurant, au supermarché sans se poser de question. Et ça, c'est le résultat d'énormément d'efforts de la part des autorités, des politiques et des entreprises agro-alimentaires pour arriver à cette situation de confort en terme d'assiette. Quand on va en vacances dans des pays tropicaux, je pense qu'on est tout de suite moins à l'aise lorsqu'on parle d'ingérer des aliments ou de boire simplement un verre d'eau". Il termine en certifiant que l'Homme n'est pas sensible à cette maladie.

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