Personnel non infirmier en renfort, possibilité de réquisitionner : Maggie De Block "en guerre contre le personnel soignant ?"

La CNE dénonce une "déclaration de guerre" de Maggie De Block contre le personnel de la santé
La CNE dénonce une "déclaration de guerre" de Maggie De Block contre le personnel de la santé - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La CNE du secteur non marchand a dénoncé mardi soir une "déclaration de guerre vis-à-vis du personnel de la santé" de la part de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block, après une réunion entre les syndicats et le cabinet de la ministre.

"La ministre De Block a-t-elle décidé de partir en guerre contre le personnel soignant", s’est demandé dans un communiqué le secrétaire national de la CNE non-marchand, Yves Hellendorff, dans un communiqué.

Selon lui, l’intention de la ministre était de tenir une réunion d’information sur deux arrêtés royaux pris dans le cadre des pouvoirs spéciaux et sur un projet d’arrêté concernant le fonds blouses blanches.

Mais cette réunion de concertation "ressemblait étrangement à une déclaration de guerre vis-à-vis du personnel de la santé", a souligné M. Hellendorff.

Du personnel non infirmier dans les institutions de soin

Selon lui, le premier arrêté prévoit la possibilité pour du personnel non infirmier d’exécuter des activités infirmières dans le cadre des institutions de soins.

"Mais les conditions de délégations de ces activités restent extrêmement peu claires en matière de responsabilité, tant pour le médecin ou l’infirmier qui auront délégué les soins que pour le personnel non infirmier qui prestera ces activités", a dénoncé la CNE.

Quant au second arrêté, il vise à donner la possibilité de réquisitionner du personnel de santé en cas de nécessité dans le cadre de la crise covid-19.

"Incompréhensible alors que d’une part la courbe descendante laisse entrevoir la libération de nombreux professionnels affectés aux unités COVID, et que d’autre part même au plus haut de la crise, le volontarisme et la flexibilité du personnel ont permis de répondre au besoin", juge le syndicat chrétien.

Selon lui, ce texte "ressemble fort à un dispositif visant à culpabiliser ou menacer le personnel qui ne serait selon l’autorité pas suffisamment disponible pour être transféré dans d’autres services ou d’autres types d’institution".

Journal télévisé du 28/04/2020